ONU : des dizaines de milliers de filles et de garçons sont encore associé aux forces et groupes armés

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Photo UNICEF/Doune Porter

Les enfants sont de plus en plus vulnérables au recrutement et à l'utilisation par des groupes armés, alors que les conflits partout dans le monde deviennent plus brutaux et redoublent d'intensité et de fréquence, ont déclaré ce jeudi l'UNICEF et la Représentante spéciale de l'ONU pour les enfants et les conflits armés, à l'occasion de la Journée internationale contre l'utilisation d'enfants soldats.

« S'il est vrai que les gouvernements du monde ont progressé pour reconnaître qu'il n'y a pas de place pour les enfants dans leurs armées, le recrutement d'enfants soldats reste un énorme problème, en particulier au sein des groupes armés, a déclaré Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés. Sur les 59 parties à des conflits identifiées par le Secrétaire général à cause des violations graves qu'elles ont commises contre les droits des enfants, 57 sont nommées parce qu'elles recrutent et utilisent des enfants soldats. »

L'UNICEF et le Bureau du Représentant spécial demandent que l'on intervienne de toute urgence pour mettre fin à ces violations graves contre les enfants, notant leur recrutement et leur utilisation par des groupes armés. Les parties aux conflits doivent respecter les obligations qui leur incombent en vertu du droit international.

« La libération de tous les enfants retenus par des groupes armés doit avoir lieu sans délai. Nous ne pouvons pas attendre la paix pour aider les enfants pris dans la tourmente de la guerre », a déclaré la Directrice générale adjointe de l'UNICEF Yoka Brandt. « Investir dans les moyens de garder les enfants loin de la ligne de front, notant par l'éducation et un soutien à l'économie, est absolument essentiel à leur avenir et à l'avenir de leurs sociétés », a-t-elle ajouté.

Des dizaines de milliers de garçons et de filles sont associés aux forces et groupes armés dans des conflits qui déchirent une vingtaine de pays à travers le monde. Beaucoup ont été victimes ou témoins d'actes d'une brutalité inqualifiable ou encore obligés d'y participer.

En Afghanistan, malgré les progrès réalisés pour mettre fin au recrutement et à l'utilisation d'enfants dans les forces de sécurité nationales, ils continuent d'être recrutés par les parties au conflit co le réseau Haqqani et les talibans. Dans les cas les plus extrêmes, des enfants ont été utilisés co kamikazes, pour fabriquer des armes et transporter des explosifs.

En République centrafricaine, des garçons et des filles, certains âgés d'à peine 8 ans, ont été recrutés et utilisés par toutes les parties au conflit pour prendre directement part aux violences interethniques et religieuses.

En République démocratique du Congo, les Nations Unies ont documenté de nouveaux cas de recrutement d'enfants par de nombreux groupes armés opérant dans la partie orientale du pays. Les enfants, dans certains cas âgés de 10 ans à peine, ont été recrutés et utilisés co combattants, ou dans des rôles d'appui, co porteurs et cuisiniers. D'après plusieurs rapports, des filles ont été utilisées co esclaves sexuelles ou victimes d'autres formes de violence sexuelle.

En Iraq et en Syrie, les avancées obtenues par l'EIIL et la prolifération de groupes armés ont exposé encore davantage les enfants au risque de recrutement. Des enfants, qui n'ont parfois que 12 ans, suivent une formation militaire et ont été utilisés co informateurs, ou pour patrouiller certains secteurs, ou pour s'occuper de postes de contrôle et surveiller des endroits stratégiques. Dans certains cas, ils ont été utilisés comme kamikazes ou obligés de procéder à des exécutions.

L'UNICEF travaille avec ses partenaires pour aider les enfants, une fois que les groupes armés les ont relâchés. Il s'agit entre autres de les réunir avec leur famille et de leur fournir des soins de santé, des nécessités de base et un soutien psychologique ainsi que l'accès à des progras d'éducation et de formation.

Tout récent, la libération progressive d'environ 3 000 enfants, retenus par la faction Cobra de l'Armée démocratique du Soudan du Sud (SSDA), a concé. Plus de 500 enfants ont été libérés ces deux dernières semaines et reçoivent une aide au retour à la vie civile. D'autres libérations sont attendues au cours du mois prochain.

 

(Interview : Leila Zerrougui, Représentante spéciale de l'ONU pour les enfants et les conflits armés; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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23/10/2017
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