Mutilations génitales féminines/ excisions : le rôle des prestataires de service de santé

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Nafissatou Diop, Coordonnatrice du programme conjoint UNFPA-UNICEF sur les mutilations génitales féminine. Photo: ONU

Cette semaine dans Voix de femmes, Nafissatou Diop, la Coordonnatrice du programme conjoint UNFPA-UNICEF sur les mutilations génitales féminines revient sur l'importance des prestataires de service de santé à la lutte contre la mutilation génitale. Cette pratique néfaste qui consiste à enlever partiellement ou totalement les organes génitaux externes d'une fille et qui affecte encore aujourd'hui 3 millions de filles par an.

Selon les dernières estimations du Fond des Nations Unies pour la population (UNFPA), plus de 130 millions de filles et de femmes, dans les 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient où la pratique est aujourd’hui concentrée, ont subi une forme quelconque de MGF. Son impact sur leurs vies est énorme.

Dans une déclaration conjointe, l’UNFPA, l’UNICEF, la Confédération internationale des sages-femmes et la Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique maintiennent que le soutien des travailleurs sanitaires à l’effort pour mettre fin à la MGF est d’importance capitale. Ces travailleurs ont une connaissance intime de la dynamique sociale des communautés qu’ils servent et des normes sociales qui perpétuent la MGF. Leurs patientes le savent et leur font confiance. Ils peuvent accélérer le déclin rapide de l’appui accordé à cette pratique.

Aussi ces prestataires ont une profonde compréhension des conséquences nuisibles de cette pratique. Ils voient les complications urinaires, menstruelles et obstétricales — notamment hémorragies, infections et décès — et témoignent des blessures psychiques infligées et du traumatisme qu’elle entraîne et qui persiste toute la vie.

Les travailleurs sanitaires sont aussi les mieux placés pour prendre la tête de la résistance à une tendance troublante qui s’est fait jour en de nombreux pays: la médicalisation de la MGF. Environ une fille sur cinq a subi une excision opérée par un prestataire de soins de santé qualifié.

Selon la déclaration, que la MGF soit ou non légale, les membres du personnel médical qui y procèdent violent les droits fondamentaux des filles et des femmes. Ils donnent aussi leur approbation tacite à cette pratique condamnable, qui va à l’encontre du précepte le plus fondamental de la médecine: Ne pas faire de mal.

Les agences onusiennes sont déterminées à soutenir les efforts visant à doter les travailleurs sanitaires des savoir-faire et de l’information dont ils ont besoin pour accélérer l’abandon de la MGF – et pour traiter les complications qui résultent de cette pratique.

(Interview: Nafissatou Diop,Coordonnatrice du programme conjoint UNFPA-UNICEF sur les mutilations génitales féminines; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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16/10/2017
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