Iraq: une solution exclusivement militaire au problème de l'EIIL est impossible, selon Mladenov

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Nickolay Mladenov, Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Iraq. Photo:ONU/Devra Berkowitz

Nickolay Mladenov, le Représentant special du Secrétaire general pour l'Iraq, a averti, mardi à l'occasion d'une reunion du Conseil de sécurité, qu'une solution exclusivement militaire au problème de l'État islamique en Iraq et au Levant (EIIL) est impossible et serait même contre productive.

L'EIIL demeure en contrôle de la majorité des provinces occidentales du pays. Selon Nickolay Mladenov, qui achève son mandat de Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Iraq, l'objectif le plus pressant du Gouvernement iraquien est de reprendre le contrôle des territoires pris par l'EIIL. Il a indiqué que depuis le début de l'année, au moins 4 000 Iraquiens des provinces d'Anbar et de Ninewa ont intégré la force de mobilisation populaire. Nickolay Mladenov a affirmé que c'était là un premier pas important pour libérer les province occidentales de l'Iraq avant de mettre en garde contre l'option du tout militaire.

Devant les Quinze, le Représentant spécial s'est aussi inquiété du nombre d'actes de vengeance qui auraient été commis à l'encontre des communautés sunnites dans les zones libérées du contrôle de l'EIIL. Ces violations, a-t-il dit, posent une grave menace pour la cohésion de l'Iraq.

Parmi les autres défis auxquels fait face le pays, le Représentant spécial a aussi parlé de l'économie iraquienne qui, a-t-il indiqué, a été frappée de plein fouet par la chute du prix du pétrole et la hausse spectaculaire des frais de sécurité. Le Représentant spécial s'est toutefois dit optimiste du fait qu'en dépit de la crise sécuritaire que traverse le pays, ses dirigeants politiques, communautaires et religieux avaient su faire preuve d'unité.

Nickolay Mladenov a, par ailleurs, appelé les autorités iraquienes et l'ONU à redoubler d'efforts pour venir en aide aux deux millions de personnes qui ont été déplacées depuis janvier 2014. A moins d'obtenir des financements nécessaires, 60% des opérations humanitaires en Iraq risquent de cesser au cours des prochains mois.

A noter, enfin, qu'en 2014, au moins 12 000 civils ont été tués et 23 000 autres blessés par des conflits armés ou des actes terroristes.

(Mise en perspective: Isabelle Dupuis)

 

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12/12/2017
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