Tchad : le PAM aide plus de 7 800 réfugiés nigérians

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Un homme devant sa maison détruite à Baga dans l'état de Borno au Nigéria. Photo: IRIN/Aminu Abubakar

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a indiqué vendredi, au cours d'un point de presse, que la situation dans le nord-est du Nigéria, à la frontière du tchadienne du lac Tchad, reste tendue et très volatile. Il y a plus de 13 000 réfugiés dans la région, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Le PAM a commencé ce vendredi à distribuer 159 tonnes d'aide alimentaire dans la région frontalière de Baga Sola. Le Programme prévoit de procéder dans les dix prochains jours à une première série de distributions à plus de 7 800 réfugiés de Ngouboua au Nigéria, dont 4 103 étaient de nouveaux arrivants. Le PAM a été en mesure de répondre à la première vague de réfugiés de 6 250 personnes dans les deux jours suivant leur arrivée, en leur fournissant une ration d’urgence de deux jours.

Le PAM reste préoccupé par l’impact de cette crise sur les communautés d’accueil. Avant la crise, le Programme avait procédé en novembre 2014 à une évaluation de la sécurité alimentaire d’urgence qui avait montré que les zones de la région du lac Tchad étaient les plus affectées, l’insécurité alimentaire frappant 32% de la population alors que les taux de malnutrition aiguë globale étaient supérieurs à 15% – ce qui est au-dessus du seuil critique de l’OMS. Par ailleurs, le PAM avait noté que cette situation avait un impact sur les échanges commerciaux, car le Tchad exporte du bétail au Nigéria à travers la région du Lac et la plupart de ce commerce a été affecté par la crise. Les revenus des éleveurs de la région sont également impactés. Les cultivateurs de maïs qui ont exporté leurs céréales au Nigéria sont aussi touchés. La diminution du commerce a également eu des conséquences négatives sur le Kanem et les régions de Bar El Ghazal, qui avaient le plus haut niveau d'insécurité alimentaire au Tchad.

Beaucoup de réfugiés se trouvent actuellement dans plusieurs zones difficiles à atteindre, sur de petites îles du lac Tchad. Dans les prochaines semaines, le gouvernement et les partenaires humanitaires vont les inciter à se déplacer volontairement vers des zones où ils peuvent être atteints.

Le PAM a besoin urgent de plus de 11 millions de dollars pour répondre aux besoins des réfugiés.

(Extrait sonore : Élisabeth Byrs, porte-parole du PAM)

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20/10/2017
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