RDC/Traque des FDLR : « C'est le temps de commencer les opérations », affirme Martin Köbler

Écouter /

Les FARDC en patrouille mixte avec les casques bleus de la Monuc à Mbwavinya. Photo MONUC / Marie Frechon (2008).

Les Forces armées de la RDC (FARDC) ont lancé ce jeudi les opérations militaires « Sokola2 » pour le désarmement forcé des rebelles rwandais des FDLR. Le chef d'Etat-major général de l'armée, le général Didier Etumba l'a affirmé à partir de la ville de Beni au Nord-Kivu au cours d'un point de presse conjoint avec le commandant des Forces de la MONUSCO, la Mission des Nations Unies en RDC.

« Aujourd'hui donc, nous lançons en tant que Forces armées de la RDC des nouvelles opérations contre les FDLR pour les contraindre à déposer les armes. Et nous avons reçu encore une fois le soutien de la Monusco pour ces opérations », a déclaré le général Didier Etumba.

Selon lui, les rebelles rwandais des  FDLR estimés à plus de mille combattants seront désarmés par les FARDC avec le soutien de la MONUSCO.

Le chef de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo( MONUSCO), Martin Köbler, avait affirmé mercredi qu'il était « temps de lancer les opérations [militaires] conjointes contre les rebelles rwandais des FDLR basés dans l'Est de la RDC). Il l'a déclaré dans une interview à Radio Okapi.

« Il faut commencer bientôt. Parce que tout le monde est impatient. Le Conseil de sécurité est impatient! La population est impatiente. Je viens de la conférence de presse de Radio Okapi de tout à l'heure, les journalistes sont impatients: ils communiquent les sentiments de la population », a indiqué Martin Köbler avant de s'envoler pour Addis-Abeba où il prend part au sommet de l'Union africaine.

Pour le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, le processus de démobilisation volontaire des FDLR a échoué.

« Le processus de désarmement volontaire à échoué! Il a échoué ! Maintenant, c'est vraiment le temps de commencer les opérations », a ajouté Martin Köbler.

Il a reconnu que ce serait « beaucoup plus compliqué contre les FDLR » comparativement aux opérations contre le M23.

« Mais [ce n'est] pas impossible! Il faut vraiment conquérir des villages, des territoires entiers qu'ils occupent. Alors, il faut commencer. Parce que, même si ça va durer, Ce n'est pas possible de garder les FDLR », a poursuivi Martin Köbler.

Le chef de la MONUSCO a également indiqué qu'il va faire le même rapport aux chefs d'État africains qui se réunissent, dès ce vendredi, au sommet de l'Union africaine, à Addis-Abeba, en Éthiopie.

Après plusieurs appels au désarmement volontaire, les FDLR n'avaient pas déposé les armes. La Conférence internationale pour la région de grands lacs (CIRGL) et la Communauté des États de l'Afrique australe (SADC) leur avaient accordé un ultimatum de six mois qui a expiré le 2 janvier.

Mais à cette date, le gouvernement congolais affirmait que l'option militaire était désormais devenue inévitable face à ces rebelles hutus rwandais. A la date buttoir du vendredi 2 janvier 2015, le Kinshasa a fait remarquer que le nombre de ceux qui ont désarmé ne «représente que 26 % de l'effectif total de combattants FDLR présents en RDC évalués à 1300 en octobre 2012 par l'équipe militaire d'évaluation, organe mis sur pied à cet effet par le sommet de Chef d'Etats et de la CIRGL et composé des experts militaires de cette organisation régionale.»

(Extrait sonore : Martin Köbler, Représentant spécial des Nations Unies en RDC, chef de la MONUSCO; propos recueillis par Radio Okapi)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...