RCA : l'insécurité alimentaire demeure, déplore le PAM

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Copyright: WFP/ Martin Penner

Le Programme alimentaire mondial (PAM), par la voix de sa porte-parole, a indiqué mardi, à Genève que la situation en République centrafricaine (RCA) demeure instable. La situation sécuritaire est imprévisible et le contexte politique reste tendu. De plus, la reprise économique du pays tarde à porter ses fruits. Lors du point de presse, Élisabeth Byrs a déclaré que la déstabilisation de la situation sécuritaire a eu des conséquences graves pour la population en termes d’accès à l’aide humanitaire dans cette région.

Dans ce contexte, le PAM, en collaboration avec ses partenaires, a lancé un rapport évaluant la situation de la sécurité alimentaire dans le pays. Les informations contenues dans le rapport sont basées sur des données recueillies auprès de 2 166 ménages couvrant toutes les préfectures du pays. L'enquête a été menée du 13 au 25 septembre 2014. Le rapport précise comment l’aide humanitaire pourrait mieux répondre aux besoins actuels et montre l’impact à long terme de l’insécurité alimentaire, concernant en particulier les effets négatifs sur la croissance des enfants et les sources de revenus de la population.

Environ 30% de la population, soit 1,5 million de personnes ont été évaluées comme étant dans une situation d'insécurité alimentaire modérée à grave, a déclaré Élisabeth Byrs. Les personnes déplacées qui vivent dans des familles d’accueil et dans les camps constituent les groupes les plus vulnérables. A Bangui, les gens qui sont retournés à leurs maisons ont été également touchés par la situation.

Les préfectures de Mambéré-Kadéi, de l’Ouham, de Nana Gribizi, d’Ouham-Pendé, de Bangui et du Haut-Mbomou, sont celles dans lesquelles on enregistre les taux les plus faibles de sécurité alimentaire, et les gens qui y vivent sont confrontés à des taux élevés de déplacement et à une violence récurrente.

Le rapport montre que les personnes les plus touchées par l’insécurité alimentaire, sont celles appartenant à des ménages pauvres, dirigés par des femmes, des personnes déplacées ou retournées, dont la principale source de nourriture provient des marchés, qui ne disposent pas de ressources financières et qui ont de faibles niveaux d’éducation. Les personnes touchées adoptent des stratégies d’adaptation qui sont de plus en plus dommageables et dangereuses, a déclaré Élisabeth Byrs.

La principale source de revenus en République centrafricaine est la vente de produits alimentaires, ce qui représente 60% des revenus dans le pays, mais actuellement la production alimentaire est faible. Les principales restrictions rencontrées par les ménages pour générer des revenus sont le manque de capitaux à investir (61%), le manque de possibilités d’emploi (31%) et le manque de terrains ou d’équipements de production (27%) a conclu la porte-parole du PAM.

(Extrait sonore : Élisabeth Byrs, porte-parole du Programme alimentaire mondial à Genève)

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11/12/2017
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