Nord-Est du Nigeria : Leila Zerrougui lance un cri d'alarme pour la protection de milliers d'enfants en danger

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La Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui (Troisième à partir de la gauche) lors d'une visite à Yola, au Nigéria. Photo ONU/Andrew Esiebo

La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui, était la semaine dernière en visite au Nord-Est du Nigéria pour évaluer les conséquences du conflit sur les enfants. A cette occasion, elle a rencontré les autorités fédérales du pays, les autorités de l’Etat d’Adamawa, les agences de l’ONU et des représentants de la société civile, dans le but de galvaniser les efforts de collecte et de vérification d’informations sur les violations graves commises à l’encontre des enfants nigérians.

Jointe au téléphone au Nigéria, Leila Zerrougui revient sur l'objectif de sa mission mais aussi décrit la situation très difficile des enfants et des personnes déplacées dans cette région mise à feu et à sang par notamment Boko Haram.

Les enfants grandissant dans le nord du Nigéria ont désespérément besoin de protection contre les violences répétées dont ils font l’objet, a déclaré la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui, au terme d’une visite d’une semaine dans le pays.

A Yola, la capitale de l’Etat d’Adamawa, la Représentante spéciale a notamment rencontré des personnes déplacées en provenance de zones touchées par le conflit, y compris des enfants et des femmes.

« J’ai été témoin du choc et de l’incrédulité des personnes face à la dévastation subie par leurs communautés. J’ai vu le traumatisme dans les yeux des enfants. L’ampleur de leur souffrance va au-delà de ce que je m’attendais à trouver. Les personnes que je ai rencontrées demandent et méritent une protection d’urgence », a-t-elle déclaré.

Dans le nord du Nigéria, où sévissent les combats, plus de 900.000 personnes, dont beaucoup de femmes et d’enfants, ont fui leur domicile, a-t-elle précisé, ajoutant que plus de 300 écoles ont également été gravement endommagées ou détruites et des centaines d’enfants ont été tués, blessés ou enlevés.

« Tout au long de 2014, le conflit armé dans le nord-est du Nigéria a été l’un des plus meurtriers au monde pour les enfants », a déploré la Représentante spéciale, pointant du doigt une recrudescence spectaculaire de la violence, de l’enrôlement et de l’utilisation des enfants, parfois très jeunes, des enlèvements et des attaques contre les écoles. Leila Zerrougui s’est dite également préoccupée par des rapports faisant état de violence sexuelle contre les filles, y compris des mariages forcés et des viols.

« Le début d’année 2015 a apporté son lot de violence implacable avec l’attentat suicide épouvantable commis par une jeune fille qui serait âgée de dix ans à peine, tuant plusieurs personnes sur un marché à Maiduguri, mais également avec ce que certaines organisations considèrent comme l’attaque la plus meurtrière de Boko Haram à Baga », a ajouté la Représentante spéciale.

(Interview : Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés ; jointe au Nigeria par Jean-Pierre Amisi Ramazani)

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17/10/2017
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