Nigéria : le Haut Commissariat aux droits de l’homme condamne fermement les attaques « moralement répugnantes » de Boko Haram

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Un homme devant sa maison détruite à Baga dans l'état de Borno au Nigéria. Photo: IRIN/Aminu Abubakar

Suite à des informations faisant état de massacres de civils perpétrés par le groupe extrémiste Boko Haram et de déplacements massifs de population dans le nord du Nigéria, le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a fermement condamné mardi ces attaques « moralement répugnantes ».

« Nous déplorons vivement les attaques impitoyables et vicieuses contre des civils dans la ville de Baga, au nord-est du Nigéria, où Boko Haram sévirait depuis le 3 janvier », a déclaré une porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani lors d’une conférence de presse à Genève.

« Bien que certains détails nous échappent encore, il semble à peu près certain que des massacres et des déplacements forcés de masse ont eu lieu », a-t-elle déploré, ajoutant que prendre délibérément pour cible des civils est formellement contraire au droit international. Le HCDH s’est en outre dit très préoccupé par les informations selon lesquelles des enfants et des personnes âgées se trouveraient parmi les victimes.

« Les tueries perpétrées aux marchés de Maidugiri, également dans l’Etat de Borno, et de Potiskum, dans l’Etat de Yobe, sont particulièrement choquantes dans la mesure où, d’après les premières informations, des filles, dont une âgée de 10 ans à peine, auraient été forcées à procéder à l’attaque », a-t-elle précisé, soulignant que l’utilisation d’un enfant dans le but de faire exploser une bombe n’est pas seulement « moralement répugnante », mais constitue également une forme flagrante d’exploitation des enfants en vertu du droit international.

« Nous exhortons le gouvernement nigérian à agir rapidement pour restaurer la loi et l’ordre, tout en s’assurant que les opérations de sécurité soient menées en conformité avec le droit international et dans le plein respect des droits de l’homme », a dit la porte-parole.

« Nous enjoignons également aux autorités nigérianes de redoubler d’efforts pour réunir les conditions nécessaires à la conduite d’une enquête efficace concernant les incidents, en vue d’établir les faits relatifs aux meurtres et de demander des comptes à leurs auteurs », a-t-elle ajouté.

(Extrait sonore : Ravina Shamdasani; propos recueillis par Daniel Johnson)

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17/10/2017
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