Mali : quatre manifestants tués lors de manifestations contre la MINUSMA à Gao

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Une unité de police de la MINUSMA en patrouille à Gao, au Mali. Photo ONU/Marco Dormino

La ville de Gao, au Nord-Mali, semble avoir retrouvé le calme, au lendemain d'une manifestation de la population contre la force onusienne de la MINUSMA. Les heurts ont fait quatre morts parmi les manifestants, d'après un bilan fourni, mercredi, par la Mission des Nations Unies.

Scandant : « Non à la division du Mali », « Non au fédéralisme et à l’autonomie de l’Azawad », les manifestants ont protesté contre un accord, qui, selon eux, ouvrirait une porte vers l’autonomie de l’Azawad, ont rapporté des médias locaux.

« La situation est relativement calme aujourd'hui. La MINUSMAa rencontré dans son quartier général de Gao le ministre malien de la sécurité intérieure -Sada Samaké,- et plusieurs autorités régionales pour faire le point sur la situation », a déclaré Olivier Salgado, porte-parole de la MINUSMA.

Le porte-parole de la force onusienne déployée au Mali (MINUSMA), Olivier Salgado, a confirmé mercredi, sur les ondes de la Radio des Nations Unies, que quatre personnes sont mortes, mardi, à Gao, au Nord du Mali, lors d’une manifestation contre la mission onusienne.

“Les manifestants ont attaqué le camp militaire des casques bleus avec des jets de pierre et de cocktail molotov. Ils ont blessé deux casques bleus. C’est à ce moment que les policiers ont répondu avec le gaz lacrymogène” a-t-il fait savoir.

Mardi, plus d’un millier de manifestants avaient marché sur le quartier général de la MINUSMA à Gao afin de protester contre le projet d’un accord de zone temporaire de sécurité que voudrait signer la force onusienne avec la coordination des mouvements de l’Azawad (CMA-plateforme réunissant des groupes armés séparatistes), d’après les témoignages recueillis.

Lors d'un point de presse tenu mardi soir, la MINUSMA a assuré avoir retiré son projet de zone temporaire de sécurité, à l'origine des manifestations. Selon la Mission, était un document de travail, une piste de réflexion sans aucune portée juridique, qui constituait un projet en cours d'élaboration destiné à être accepté par l'ensemble des mouvements armés puis soumis au Gouvernement.  Ce document, a malheureusement été manipulé dans la forme, puis diffusé par certains médias, entraînant une confusion dans l'opinion publique, fait valoir la MINUSMA.

Arnauld Akodjènou, le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de la MINUSMA chargé des affaires politiques, a précisé mardi que "d'autres dispositions seront recherchées en accord avec l'ensemble des parties concernées ".

La MINUSMA exhorte toutes les parties concernées à respecter scrupuleusement leurs engagements, à résoudre leurs différends par la voie du dialogue, notamment dans le cadre du Comité Technique Mixte de Sécurité (CTMS), auquel elles ont adhéré à travers l'Accord Préliminaire de Ouagadougou, afin de poursuivre le processus de négociation de paix engagé à Alger.

(Interview : Olivier Salgado, porte-parole de la MINUSMA à Bamako; propos recueillis par Jérôme Longué)

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14/12/2017
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