L’OMS appelle à redoubler d’efforts pour combattre les maladies non transmissibles

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Un homme fume sur le bord de la route au passage d'un bus au Népal. Photo : Banque mondiale/Aisha Faquir

Les gouvernements doivent agir d’urgence pour combattre les maladies non transmissibles afin d’éviter que, chaque année, 16 millions de personnes ne décèdent prématurément – avant l’âge de 70 ans – de maladies cardiaques ou pulmonaires, d’un accident vasculaire cérébral, d’un cancer ou du diabète, selon un nouveau rapport publié lundi par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

« La communauté internationale a la possibilité de changer le cours de l’épidémie de maladies non transmissibles », a déclaré la Directrice générale de l’OMS, le Dr. Margaret Chan. Selon elle, en investissant entre 1 et 3 dollars par personne et par an, les pays peuvent réduire considérablement la mortalité due à ces maladies.

D’après le rapport, la plupart des décès dus aux maladies non transmissibles peuvent être évités. Sur les 38 millions de décès provoqués par ces maladies en 2012, 16 millions, soit 42%, étaient prématurés et évitables, contre 14,6 millions en 2000.

Il est possible de faire baisser considérablement le nombre de décès par le biais de politiques publiques visant à lutter contre la consommation de tabac, l’usage nocif de l’alcool, les régimes alimentaires néfastes pour la santé et la sédentarité, et à promouvoir la prestation de soins de santé universels. Ainsi, au Brésil, le taux de mortalité attribuable aux maladies non transmissibles baisse de 1,8% par an grâce, en partie, à l’extension des soins de santé primaires.

Le rapport préconise de redoubler d’efforts pour freiner l’épidémie, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où les décès dus aux maladies non transmissibles sont plus nombreux que ceux dus aux maladies infectieuses.

Le Plan d’action mondial 2013-2020 de l’OMS pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles a pour but est de réduire le nombre de décès prématurés dus à ces maladies de 25% d’ici 2025. Ce plan d’action présente neuf cibles mondiales volontaires relatives aux principaux facteurs de risque, dont la consommation de tabac, l’apport en sel, la sédentarité, l’hypertension artérielle et l’usage nocif de l’alcool.

« Notre monde possède les connaissances et les ressources nécessaires pour atteindre les neuf cibles mondiales », a dit le Sous-Directeur général de l’OMS chargé des maladies non transmissibles et de la santé mentale, le Dr Oleg Chestnov. « Il serait inacceptable de ne pas atteindre ces cibles ».

Le rapport propose des interventions rentables et très efficaces, recommandées par l’OMS, dont l’interdiction de toute forme de publicité en faveur du tabac, le remplacement des acides gras trans par des acides gras polyinsaturés, la limitation ou l’interdiction de la publicité en faveur de l’alcool, la prévention des infarctus du myocarde et des accidents vasculaires cérébraux, la promotion de l’allaitement maternel et la prévention du cancer du col de l’utérus au moyen du dépistage. De nombreux pays ont déjà mis en œuvre ces interventions avec succès dans le but d’atteindre les cibles mondiales.

L’OMS prend ainsi l’exemple de l’Argentine, du Brésil, du Canada, du Chili, des États-Unis et du Mexique qui ont favorisé la réduction de la quantité de sel dans les aliments conditionnés et dans le pain. L’Argentine est parvenue à réduire de 25% la quantité de sel dans le pain.

Bien que certains pays progressent dans l’atteinte des cibles mondiales relatives aux maladies non transmissibles, la majorité des pays n’est pas en bonne voie pour atteindre celles fixées pour 2025, selon l’agence onusienne.

On estime que si rien ne change dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les pertes économiques cumulées dues aux maladies non transmissibles s’élèveront à 7.000 milliards de dollars pour la période 2011-2025.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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17/10/2017
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