Libye/Genève : fin du premier cycle de pourparlers politiques sur une note encourageante

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Le chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), Bernardino Léon, lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU à Genève. Photo : ONU/Jean-Marc Ferré

Les participants au dialogue libyen organisé par la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) ont conclu jeudi soir deux jours de discussions intensives au Palais des Nations à Genève en vue de trouver des moyens de mettre fin à la crise politique, sécuritaire et institutionnelle qui ravage le pays depuis de longs mois. Ils ont exprimé leur engagement sans équivoque en faveur d'une Libye unie et démocratique régie par la primauté du droit et le respect des droits de l’homme.

Selon la MANUL, les discussions ont été constructives et menées dans une atmosphère positive. Elles reflètent l’engagement sincère des participants à trouver un terrain d'entente.

Après de longues délibérations, les participants ont adopté un agenda qui entend parvenir à un accord politique afin de former un gouvernement d’unité nationale consensuelle. Ils ont également adopté des mesures de sécurité nécessaires pour mettre fin aux combats et assurer le retrait progressif des groupes armés de toutes les villes libyennes en vue de permettre à l’État d’affirmer son autorité sur les installations vitales du pays.

Les participants ont appelé toutes les parties à cesser les hostilités afin de créer un environnement propice au dialogue.

De plus de nombreuses mesures de rétablissement de la confiance pour préserver l’unité nationale du pays et alléger les souffrances de la population libyenne ont été discutées. Celles-ci comprennent notamment la situation des personnes détenues illégalement; la situation des personnes enlevées et disparues pour œuvrer à la libération immédiate et fournir une information complète sur les disparus à leurs familles; la situation des réfugiés à l’intérieur et à l’extérieur du pays et des personnes déplacées, en particulier celles touchées par le récent conflit.

D'autres mesures visant à rétablir la confiance ont trait à la fourniture de l’aide humanitaire dans les les zones touchées en coordination avec les organisations internationales et les institutions de la société civile, dans les domaines médical, éducatif et des services publics avec une attention particulière dans les régions et zones les plus touchées. D'autres encore concerne la fin des campagnes médiatiques qui encouragent la confrontation. Les messages religieux et des médias politiques doivent viser à promouvoir la réconciliation, la tolérance et l’unité nationale.

Les autres mesures envisagées ont trait notamment à l'ouverture des aéroports et à la sécurisation de la navigation aérienne et maritime ainsi qu'au transport terrestre; la liberté de circulation des citoyens; le recours aux institutions gouvernementales pour importer les denrées alimentaires et les fournitures nécessaires.

Ce dialogue est guidé par un ensemble de principes, dont le plus important est l’engagement pour les fondements de la révolution du 17 Février, le respect de la légitimité des institutions de l’État, la séparation des pouvoirs et le transfert pacifique du pouvoir, ainsi que le rejet de la violence et du terrorisme.

Les participants ont convenu de revenir à Genève la semaine prochaine pour un nouveau cycle de dialogue après avoir tenu les consultations nécessaires. La mission et les participants ont exprimé leur espoir que tous les représentants invités, y compris ceux qui ne prennent pas part à ce cycle, prendront part aux pourparlers la semaine prochaine.

En plus de l'aspect politique, d’autres domaines seront abordés la semaine prochaine et dans les semaines à venir par des représentants des municipalités et des groupes armés, ainsi que des personnalités politiques, sociales et tribales.

Les participants ont exprimé leur préoccupation face à la menace croissante posée par les groupes terroristes en Libye ou à l’étranger, ce qui souligne la nécessité d’efforts concertés pour lutter contre la menace du terrorisme. Dans ce contexte, ils ont condamné le récent assassinat et l’enlèvement des citoyens libyens et de ressortissants étrangers, et exprimé leur solidarité avec les victimes du terrorisme.

La MANUL réaffirme que le dialogue est un processus continu. En tant que Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la MANUL Bernardino Leon a annoncé au début du dialogue que le processus prendra du temps et sera difficile. La MANUL a exprimé son engagement à fournir le soutien nécessaire à la surveillance et à assurer le succès de tout accord conclu, ainsi que à fournir les garanties nécessaires à cette fin. La mission souligne que le dialogue est un processus inclusif et transparent mené dans l’intérêt national suprême de Libye, y compris la sauvegarde de l’unité nationale du pays et la protection de ses ressources et des richesses.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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15/12/2017
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