Inde : fin de la visite de Ban Ki-moon sur fond d'appels à la paix et à la tolérance

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Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, achève ce mardi une visite en Inde. A l'agenda de cette troisième et dernière journée, des entretiens avec le Président Pranab Mukherjee , le Ministre de l'environnement Prakash Javadekar et le Prix Nobel Kailash Satyarthy ainsi que des rencontres avec le personnel de l'ONU et les chefs des agences des Nations Unies dans le sous-continent indien.

Au cours de son séjour, le Secrétaire général a lancé plusieurs appels. Ainsi lundi, Ban Ki-moon, a encouragé lundi ce pays, qui est doté de l’arme atomique, à jouer un rôle moteur en matière de désarmement nucléaire.

« L’Asie du Sud est confrontée à la grave menace des armes nucléaires. Tout ajout aux arsenaux nucléaires augmente le risque d’un cauchemar nucléaire », a dit M. Ban dans un discours devant l’Indian Council for World Affairs, à Delhi. L’Inde et le Pakistan sont tous les deux dotés de l’arme nucléaire.

Le chef de l’ONU s’est dit « troublé par l’absence de désarmement au niveau mondial ». « Des Etats nucléaires ont annoncé des restrictions et des réductions, mais dans certaines régions, dont celle-ci, les arsenaux deviennent plus diversifiés et plus sophistiqués », a-t-il noté.

« Des Etats nucléaires ont annoncé l’arrêt de leur production de matériaux nucléaires à des fins militaires, mais dans certaines régions, dont celle-ci, les stocks augmentent », a-t-il ajouté. « Des Etats nucléaires ont proclamé des moratoires sur les essais nucléaires, mais d’autres Etats nucléaires, notamment en Asie du Sud, n’ont pas signé le Traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires ».

Ban Ki-moon a appelé l’Inde « à jouer de nouveau un rôle moteur en matière de désarmement nucléaire ». « Aujourd’hui, l’Inde a une responsabilité solennelle d’aider l’Asie du Sud à cesser le développement des arsenaux nucléaires », a-t-il ajouté.

Selon le Secrétaire général, ceci est d’autant plus urgent en cette période « d’extrémisme violent et de radicalisation en hausse ».

Plus tôt dans la journée, le Secrétaire général a rencontré le Ministre des affaires étrangères de l’Inde, Sushma Swaraj, avec qui il a discuté du changement climatique, du maintien de la paix, de la réforme du Conseil de sécurité et de l’égalité hommes-femmes.

Ban Ki-moon a aussi rencontré le Prix Nobel de la paix, Kailash Satyarthi, avec qui il a discuté comment mettre fin à l’esclavage des enfants à travers le monde.

Dimanche, Ban Ki-moon, prônant un retour aux enseignements de Gandhi, avait lancé un appel en faveur de la paix et de la tolérance. Face à la radicalisation croissante, au fondamentalisme et à l’extrémisme, un retour aux idéaux spirituels et politiques du Mahatma Gandhi s’impose, avait-il déclaré, renouvelant dans le même temps l’engagement de l’Organisation en faveur de la tolérance, de la justice et de la dignité pour tous.

« Les politiques de la division et l’incitation sectaire n’ont pas leur place dans le monde moderne », avait affirmé le chef de l’ONU dans un discours prononcé à l’Âshram de Sabarmati, un ancien lieu de retraite spirituelle établi par le Mahatma Gandhi à Ahmedabad, dans l’Etat indien du Gujarat, qui abrite désormais une bibliothèque et un musée retraçant la vie, le travail, et les enseignements du chef légendaire du mouvement d’indépendance indien, également pionnier de la philosophie de la non-violence. « Comme nous l’a rappelé Gandhi : ‘Il n’y aura pas de paix durable sur terre si nous n’apprenons pas non seulement à tolérer, mais également à respecter d’autres religions que la nôtre’ », a déclaré Ban Ki-moon.

Au cours de son intervention, le Secrétaire général avait déclaré que, comme beaucoup de gens à travers le monde, il est un admirateur de longue date du Mahatma Gandhi et a été personnellement inspiré par ses enseignements, notamment sa description des « sept péchés sociaux » : la politique dénuée de principes; le commerce sans morale; la richesse sans travail; l’éducation sans caractère; la science sans humanité; la jouissance sans conscience; et religion sans sacrifice.

« Nous ne réussirons que si le souvenir du combat inébranlable de Gandhi contre l’injustice est présent dans nos cœurs », a dit le Secrétaire général, notant que l’Organisation célèbre la Journée internationale de la non-violence le 2 octobre, le jour anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi – "et nous défendons ses idéaux tous les jours de l’année", avait-il ajouté.

Plus tard dans la journée, s’exprimant à l’occasion de la septième édition du Sommet Gujarat Vibrant, un événement biannuel qui réunit des dirigeants politiques, des hommes d’affaires influents, des investisseurs et des entreprises, Ban Ki-moon avait incité les participants et tous les peuples du monde à s’inspirer de la vision et des enseignements de Gandhi.

Il avait également souligné à cette occasion que 2015 devait être l’année de l’action mondiale. « Nous devons changer de cap si nous voulons éviter des dommages plus importants pour nous et pour notre planète », a déclaré le Secrétaire général.

Trois priorités doivent notamment être mises en œuvre au cours de la nouvelle année, a insisté en conclusion le Secrétaire général : accomplir les derniers efforts afin d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ; élaborer un Programme de développement pour l’après-2015 comprenant des objectifs de développement durable réalisables ; et se mettre d’accord sur un accord universel et significatif concernant les changements climatiques en décembre à Paris.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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14/12/2017
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