Elections de 2015 au Burundi : l'ancien chef du BNUB revient sur les enjeux politiques

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Parfait Onanga Anyanga. Photo ONU / Priscilla Lecomte

Le mandat du Bureau des Nations Unies au Burundi, le BNUB, a pris fin, à la demande du gouvernement burundais, le 31 décembre 2014, après dix ans de présence onusienne dans le pays.

Le BNUB est remplacé par une équipe-pays, et parallèlement, une mission d'observation électorale, dirigée par l'ancien président de Maurice, M. Cassam Uteem, vient d'être mise en place en vue des élections présidentielles et législatives qui doivent être organisées à partir du mois de juin 2015. Un bureau indépendant des droits de l'homme a également été maintenu.

Dans un entretien avec la radio des Nations Unies, Parfait Onanga Anyanga, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations  Unies, et chef du BNUB jusqu'au 31 décembre 2014, a expliqué que  « la présence sur le terrain des Nations Unies [n'était] pas faite pour durer éternellement » et estimé que le moment était venu de laisser les autorités burundaises prendre en main le processus politique.

Tout en notant les immenses défis auquel devait faire face le Burundi dans le cadre du processus électoral, Parfait Onanga Anyanga s'est dit rassuré par l'adoption d'une feuille de route et d'un code de bonne conduite, signe selon lui d'une « appropriation nationale du dialogue politique ».

Déclarant que sa confiance n'était pas « béate », il a toutefois appelé les acteurs politiques burundais à maintenir un dialogue politique inclusif et à s'abstenir de toute violence politique.

Concernant les perspectives de développement, le Représentant spécial a expliqué que le Burundi restait un des pays les plus pauvres au monde et souligné que le chômage qui affectait 60% de la population, notamment les jeunes, était le principal défi à relever.

Alors que son mandat s'achève au début du mois de janvier 2015, Parfait Onanga Anyanga s'est également dit rassuré par l'engagement pris par le gouvernement burundais de mettre en place une commission vérité et réconciliation «  Si le Burundi ne se donne pas la chance de visiter son passé avec courage, il est fort à craindre que les graines de la haine qui ont détruit dans le passé reviennent avec plus de violence ravager le futur. »

(Extrait sonore : Parfait Onanga-Anyanga, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations  Unies, et chef du BNUB ; propos recueillis par Priscilla Lecomte)

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15/12/2017
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