Ebola : l’ONU appelle le Mali à rester vigilant jusqu’à l’éradication totale du virus de la région

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Le chef de MINUAUCE, Ismail Ould Cheikh Ahmed. Photo: ONU/Martine Perret

Tout en félicitant le Mali pour avoir endigué l’épidémie d’Ebola, le chef de la Mission de l’ONU pour la lutte contre le virus, a exhorté jeudi les autorités maliennes, à l’occasion d’une visite à Bamako, la capitale, à rester vigilantes, alors que les Etats voisins continuent d’enregistrer de nouveaux cas.

Le 18 janvier dernier, l’ONU et le Mali ont officiellement déclaré la fin de l’épidémie dans le pays, suite à une période de 42 jours sans nouveau cas déclarés. Au total, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), huit personnes ont été infectées sur le territoire malien, dont six ont trouvé la mort.

« Nous sommes venus avec un message de félicitations. Nous sommes venus dire bravo, mais restez vigilants », a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et chef de la Mission des Nations Unies pour l’action d’urgence contre Ebola (MINUAUCE), Ould Cheikh Ahmed, lors d’une entrevue avec le Premier Ministre malien Modibo Keita, ajoutant que la réussite du pays était due au « leadership national ainsi qu’aux efforts des Nations Unies et d’autres partenaires internationaux ».

Porteur d’un message du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, le chef de la MINUAUCE est arrivé mercredi à Bamako, où il a également passé en revue l’état des préparatifs du pays en cas d’émergence de nouveaux cas d’Ebola, compte tenu du nombre encore élevé d’infections en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. Malgré l’inversion de la tendance avec plus de 900 cas déclarés en un mois, une cinquantaine de localités restent touchées dans les trois pays.

Le chef de la MINUAUCE s’est dit inquiet du fait que beaucoup de nouveaux cas sont enregistrés en dehors des listes des contacts suivis, ce qui indique une réticence de la part de certaines personnes à signaler leur proximité avec les malades atteints du virus Ebola.

Accompagné par le Directeur général adjoint de l’OMS, le docteur Bruce Aylward, Ould Cheikh Ahmed a également souligné la nécessité de renforcer la surveillance transfrontalière. « Les populations, les communautés ne connaissent pas la frontière, et donc le prochain défi pour le Mali – comme d’ailleurs pour le Sénégal ou encore le Niéeria qui ont également réussi à isoler les quelques cas venus – est de rester vigilant. On n’est pas à l’abri de nouveaux cas ici et là jusqu’à ce que nous ayons zéro cas dans toute l’Afrique de l’Ouest », a-t-il mis en garde

Le chef de la MINUAUCE a également insisté sur la nécessité de « reconstruire les systèmes de soins de santé » et de « transformer cette crise en une opportunité » afin de doter les pays touchés d’infrastructures de systèmes de santé capables de prendre en charge, après cette crise, d’éventuels cas d’Ebola.

Arrivé de Freetown, où il avait fait la réception d’une cargaison de 262 véhicules et d’équipements de télécommunication transportés par un bateau danois dans le cadre de la lutte contre Ebola, Ould Cheikh Ahmed devait retourner jeudi soir à Accra, la capitale ghanéenne, qui abrite le siège de la MINUAUCE.

Depuis le début de l’épidémie, l’OMS a décompté plus de 21.700 cas confirmés, probables et suspectés d’Ebola en Afrique de l’Ouest et 8.600 décès.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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11/12/2017
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