Ebola : l'appel du PNUD pour éviter un effondrement des économies locales

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La FAO intervient auprès des communautés les plus vulnérables pour lutter contre l’insécurité alimentaire. Photo FAO

L'épidémie de fièvre Ébola en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone continue de faire des ravages et pas seulement en terme sanitaire. Le PNUD, le Programme des Nations Unies pour le développement, dresse un nouveau bilan alarmant de l'impact économique et social de la maladie en Afrique de l'Ouest. Un impact qui est durable et qui exige un effort international immédiat pour éviter que les économies locales ne s'effondrent.

Le PNUD indique que selon une étude tous les secteurs de l’économie dans les trois pays affectés par la maladie ont été touchés mais la production alimentaire a particulièrement souffert. Au Libéria, en dépit de la baisse de la demande, les prix du riz ont augmenté de 41%, et le prix du manioc, une denrée qui est consommée comme une alternative au riz ont augmenté de 63% alors que le prix du fufu (un aliment de base à base de manioc ) a plus que doublé.

Les pertes d’emplois, la hausse des prix alimentaires, les perturbations agricoles et de fortes baisses dans l’utilisation des services de santé et d’éducation sont susceptibles d’accroître la pauvreté, la mortalité infantile et maternelle, et de faciliter la propagation du VIH / sida et du paludisme, met en garde le PNUD, en particulier parmi les populations rurales pauvres.

 

Le rapport indique également que l’économie du Libéria pourrait enregistrer une croissance négative du PIB pour la première fois depuis la fin de la guerre il y onze ans, atteignant -1,8%, tandis qu’en Sierra Leone, les prévisions pour 2014 ont été revues à la baisse pour passer de 11 à 4%.

En Sierra Leone, tous les secteurs ont connu une baisse de l’emploi à la suite de l’épidémie d’Ebola. Le revenu par habitant dans le pays a chuté de 71 dollars entre janvier et octobre. Les recettes intérieures globales fondées sur les prévisions initiales pour 2014 ont chuté de 10,39%. Au Libéria, la collecte des recettes devraient montrer une baisse d’environ 10 millions de dollars, forçant le gouvernement à réduire le budget pour le faire passer de 41,7 à 26,3 millions de dollars.

Dans les trois pays, près de cinq millions d’enfants n'étaient pas scolarisés en raison d'Ebola, et le manque d’écoles ouvertes, couplé avec la mort des parents et la réinstallation des ménages a augmenté la vulnérabilité des enfants.

Le PNUD appelle à un effort immédiat afin de relancer les économies locales, en combinant des filets de sécurité sociale pour les plus vulnérables, tels que les transferts de trésorerie, la création d'emplois d’urgence et la mise en place de projets argent-contre-travail, avec un programme de soutien économique qui comprendrait le financement de micro-entreprises et le renforcement des compétences de la main-d’œuvre locale. Le Programme recommande aussi de soutenir la production alimentaire et d'investir dans les infrastructures et les services sociaux, et de favoriser l'instauration de meilleurs systèmes de santé.

(Extrait : Clément San Sebastian économiste au PNUD)

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20/10/2017
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