Cinq ans après le séisme de 2010, des milliers d'Haïtiens sont toujours déplacés

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Photo: OIM

Il y a cinq ans, Haïti était frappé par un séisme dévastateur qui a tué environ 217 000 personnes.

l'OIM a déployé sa Matrice de suivi des déplacements (DTM) qui a confirmé que bien que 94% des déplacés internes aient quitté les camps et d'autres sites temporaires, près de 80 000 Haïtiens sont toujours déplacés.

La dernière DTM de l'OIM fait état de 21 218 familles, soit 79 397 personnes, vivant toujours dans 105 sites de déplacement.

« Même si nous sommes satisfaits d'enregistrer, au cinquième anniversaire du séisme, une baisse de 94% du nombre d'Haïtiens déplacés et une baisse de 93% du nombre de sites accueillant toujours des populations déplacées, la communauté internationale ne doit pas oublier les près de 80 000 personnes qui continuent d'attendre leur chance de reconstruire leur vie avec un toit sur la tête », a déclaré Grégoire Goodstein, chef de mission de l'OIM en Haïti.

Lors de la dernière période de déploiement de la DTM (octobre à décembre 2014), les programmes de retour offrant des subventions à la location ont permis la fermeture de 18 sites et le relogement de 900 familles. Aucun camp n'a été fermé en raison d'expulsions ou de retours spontanés durant cette période.

Dirigés par le gouvernement haïtien en collaboration avec l'OIM et d'autres partenaires, depuis 2010, les programmes de retour ont permis de fermer 475 sites au total et de reloger environ 75 500 familles déplacées (259 200 personnes).

« Le gouvernement d'Haïti, de nombreuses organisations humanitaires et donateurs généreux travaillent très dur depuis cinq ans pour aider les Haïtiens à retrouver une vie normale. Et si nous mesurons notre réussite en chiffres, nous pouvons dire que beaucoup a été fait car au plus fort du déplacement, 1,5 million d'Haïtiens étaient sans logement. Nous ne pouvons cependant pas nous reposer sur nos lauriers, nous devons nous assurer que chaque Haïtien déplacé ait un toit en 2015 », a souligné Gregoire Goodstein.

La mission de l'OIM en Haïti estime que si la stabilité dans le pays est maintenue, si la saison des ouragans n'est pas désastreuse et si les ressources financières sont mises à disposition, il est possible de reloger les personnes restantes qui vivent dans des tentes.

La plupart des sites actuels sont situés dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, dont la majorité dans les communes de Port-au-Prince, de Delmas et de Leogane (considérée comme l'épicentre du séisme).

Sur les 105 sites toujours ouverts à la fin de la période de référence, 73 sont des villes-tentes (70% des sites ouverts), dix sites disposent d'abris mixtes : tentes, abris de fortune et de transition (9%) ; les 22 sites restants (21%) sont composés d'une majorité d'abris de transition.

Bien que les subventions à la location soient le principal outil pour aider au relogement, des solutions plus durables sont testées sous la direction de l'Unité de Construction de Logements et de Bâtiments Publics (UCLBP), une institution gouvernementale qui dirige la mise en œuvre de la Politique nationale pour le logement. Ces solutions durables comprennent des logements sociaux mais également une approche « sites et services » qui permet de fournir un accès à des infrastructures communautaires de base et à des services publics dans un certain nombre de camps qui ont été identifiés pour être construits sur des terres publiques et où il est possible d'intégrer ces sites dans les communautés environnantes. L'OIM espère entreprendre ces activités pilotes dans les prochains mois.

(Interview: Frank Santana, Coordonateur de projet en relocalisation à l'OIM; propos recueillis par MINUSTAH-FM)

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20/10/2017
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