Burundi : les récentes violences sources de forte préoccupation pour l'ONU

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Salle du Conseil de sécurité – Photo: ONU

La situation au Burundi était au menu ce matin d'une réunion du Conseil de sécurité. Sous présidence chilienne, les quinze ont notamment entendu l'exposé du Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Jeffrey Feltman, et de Paul Seger le Représentant permanent de la Suisse, en sa qualité de Président de la formation Burundi de la Commission de consolidation de la paix. Tous deux, ont fait part de leurs inquiétudes à la suite des violences récemment perpétrées notamment dans les provinces de Cibitoke et de Ruyigi.

Pour sa part, l'ambassadeur suisse, Paul Seger, qui s'est rendu au Burundi du 8 au 12 décembre notamment pour participer à la cérémonie marquant la fermeture du BINUB, le Bureau des Nations Unies au Burundi a axé son intervention sur trois priorités. Outre la présence de l'ONU sur le terrain et l'avenir de la Commission de consolidation de la paix, Paul Seger a insisté sur la situation sécuritaire. Il a jugé nécessaire de condamner fermement les attaques récentes comme tout recours la violence à des fins politiques. Étant donné les incertitudes qui entourent toujours I’identité des groupes armées impliqués de même que la nature exacte des hostilités, il a recommandé vivement aux autorités nationales compétentes de poursuivre les enquêtes sur ces événements d’une manière rapide et impartiale. Selon lui, tant que les faits n’auront pas été clairement établis, on verra se propager les rumeurs, au détriment d’un contexte politique déjà tendu dans la perspective des élections. Seul un dialogue politique réellement ouvert, dans un espace politique décloisonne assurant la protection de toutes les libertés publiques et les droits de chacun, permettra de réunir les conditions d’élections véritablement libres, équitables, pacifiques et crédibles.

S'agissant de la présence sur le terrain de I’ONU, qui subit des

changements considérables, Paul Seger a estimé que l'équipe pays des Nations Unies dirigée par le Coordinateur résident, la

MENUB, la nouvelle mission électorale des Nations Unies, et le Haut-Commissariat aux droits de I’homme devront travailler main dans la main pour donner à leur action un effet maximal. Par ailleurs, le gouvernement devra poursuivre avec toute la famille des Nations Unies une collaboration constructive et de bonne foi.

En ce qui concerne, I’avenir de la Commission de consolidation de la paix, Paul Seger a rappelé que son successeur désigné au poste de Représentant permanent de la Suisse auprès des Nations Unies, I’Ambassadeur Jurg Lauber, l'a rejoint Iors de son dernier déplacement au Burundi dans le but, avant tout, de manifester la volonté de la Suisse de poursuivre le mandat au cas où le Burundi souhaiterait rester à I'ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix.

 

Paul Seger s'est dit favorable à la poursuite de I’engagement au-delà des élections de cette année, principalement pour deux raisons : la première, c’est que la Commission constituerait un facteur de continuité dans I'accompagnement du pays. Le BNUB s’est déjà retiré et le mandat de la MENUB expirera au terme des élections. La Commission peut contribuer et adoucir cette transition en maintenant son engagement sur trois aspects déterminants: I'accompagnement politique, la mobilisation des ressources et la coordination de I'assistance internationale.

Le diplomate suisse a expliqué que la deuxième raison pouvant justifier la poursuite des activités de la Commission de consolidation de la paix au Burundi est lié au fait, et en supposant que le processus électoral se déroule avec succès, qu’à I’avenir, la Commission pourrait se concentrer encore davantage sur le développement socio-économique. L’actuel cadre stratégique quadriennal pour la réduction de la pauvreté expirera en 2016, a-t-il rappelé. II faudra alors en élaborer et en promouvoir un nouveau pour attirer les investisseurs. La formation Burundi, vu sa facilité à se réunir et son expérience acquise dans le contexte du processus de Genève, pourrait jouer un rôle clé en soutenant le dialogue sur la stratégie de développement post-CSLP II, et en accompagnant sa mise en oeuvre. Elle pourrait en outre envisager la création d’un forum international visant à attirer les investisseurs privés au Burundi.

En attendant, Paul Seger s'est engagé à continuer d’assurer pleinement ses fonctions de Président de la formation pendant toute la durée du processus électoral. Il prévoit de se rendre sur place encore deux fois, en avril et en juin/juillet, avant son propre départ.

(Extrait sonore : Paul Seger, Représentant permanent de la Suisse, auprès des Nations Unies, Président de la formation Burundi de la Commission de consolidation de la paix)

 

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18/10/2017
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