Rétrospective 2014 / Ebola : Histoire d'une crise sanitaire mondiale

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Préparation pour un enterrement sécurisé d’une victime d’Ebola. Photo UNMEER / Christopher Bailey

Un an après le début de l'épidémie d'Ebola, les efforts conjoints des gouvernements de la Sierra Leone, de la Guinée et du Liberia, ainsi que des Nations Unies et des organisations humanitaires internationales ont permis d'amorcer un ralentissement dans le niveau de transmission de la maladie, même si la maladie est loin d'être éradiquée dans cette région d'Afrique de l'Ouest.

L'épidémie aurait débuté à la fin du mois de décembre 2013, dans la région de Guéckédou, en Guinée forestière, mais les premières alertes ne sont données au niveau international qu'à la fin du mois de mars, alors que quelques cas suspects sont recensés au Liberia.

Pour l'Organisation Mondiale de la Santé, la réponse s'organise afin d'éviter la propagation de l'épidémie.

Mais la situation sur place ainsi que la méfiance des communautés empêche de circonscrire la maladie. Dès le mois de mai, c'est également la Sierra Leone qui est touchée par l'épidémie, et bientôt, les trois capitales des pays concernés : Conakry, Monrovia et Freetown.

Sur le terrain, les communautés ont peur de ce virus qui décime les familles et évitent de se rendre à l'hôpital. Les volontaires sociaux sont parfois même attaques.

Un premier appel de fonds lancé par l'OMS vise à collecter 100 millions de dollars pour répondre à l'épidémie. Au mois d'aout, David Nabarro, le nouveau Coordinateur des Nations Unies pour la lutte contre Ebola, revoie les besoins financiers à la hausse : les Nations Unies ont finalement besoin d'un milliard de dollars.

Pendant ce temps, l'OMS déclare Ebola urgence de santé publique de portée internationale et concède que l'ampleur de l'épidémie a sans doute été sous-estimée.

L'impact de la maladie n'est pas seulement sanitaire : Ebola devient aussi une crise sociale, humanitaire et sécuritaire : les communautés affectées sont confrontées aux pénuries alimentaires, aux restrictions aux transports et à l'arrêt des échanges commerciaux.

L'aide alimentaire se met en place pour plus d'un million de personnes vulnérables, mais les conséquences de l'épidémie se font déjà sentir sur l'économie des pays qui commençaient à peine à se relever d'une longue période d'instabilité politique.

Au mois de septembre, la mise en place de la MINUAUCE, la mission de l’ONU pour l'action d'urgence contre Ébola, à Accra au Ghana, permet de coordonner l'action des agences onusiennes et d'accélérer la lutte contre l'épidémie.

Fin décembre 2014, le niveau de transmission a commencé à baisser dans de nombreuses régions. Mais la situation reste préoccupante. Le bilan atteint plus de 7 000 décès, et des milliers d'enfants se retrouvent orphelins, confrontés à la stigmatisation et au rejet de leur communautés.

Les agences onusiennes préparent déjà à l'après Ebola, et notamment la restauration de systèmes de santé plus efficaces et plus résilients. Parallèlement, des essais cliniques sont en cours pour tester plusieurs types de vaccins. Selon les prévisions de l'OMS, environ 200 000 doses pourraient être diffusées dans les pays affectés dès la fin du premier semestre 2015.

(Extraits sonores : Tarik Jasarevic, porte-parole de l'OMS ;

Sylvain Landry Faye, anthropologue au sein de l’OMS ;

Gregory Hartl, porte-parole de l'OMS ;

Margaret Chan, Directrice générale de l'OMS ;

Fadela Chaib, porte-parole de l'OMS ;

Alexis Bonte, Représentant par intérim de la FAO au Liberia ;

Fabienne Pompey porte-parole du PAM en Afrique de l'Ouest ; 

Mohamed Diaré, Ministre de l’économie et des finances de la Guinée ;

Alpha Condé, Président de la Guinée ;

Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM ;

Gerards Schmetz, expert de l'OMS ;

Production, présentation et montage : Priscilla Lecomte)

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12/12/2017
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