L'OMS souhaite reconstruire des systèmes de santé résilients après Ebola

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De nombreuses femmes n’ont plus accès aux services de santé pour accoucher. Photo ONU

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, l'OMS, la rapidité de propagation du virus Ebola en Afrique de l'Ouest s'explique par la faiblesse des structures sanitaires. Depuis le début de l'épidémie, ces systèmes de santé, déjà faibles, ont été durement touchés. Il est donc essentiel, d'après l'OMS, de reconstruire des services de santé résilients.

Dans un entretien avec la Radio des Nations-Unies, le docteur Gérard Schmetz, coordinateur de l'OMS dans le département des systèmes de santé, explique qu'avant la crise, le nombre de médecins était déjà largement insuffisant. En Sierra Leone, on comptait 0,2 docteur pour mille habitants, alors que le taux est de 2,6/1000 pour l'ensemble de l'Afrique, et 14/1000 dans le reste du monde. Cette situation s'est aggravée du fait que de nombreux travailleurs de santé ont perdu la vie en soignant des malades d'Ebola.

L'expert de l'OMS va plus loin : si Ebola a déjà causé la mort de près de 6 000 personnes, il faut également prendre en compte les décès indirects provoqués par la faillite des systèmes de santé. Dans certains endroits, les cliniques sont tout simplement fermées, et les femmes sont obligées d'accoucher à la maison. Pour le docteur Schmetz, la situation est critique.

Face à cette situation, l'OMS, en partenariat avec les ministères de santé des pays concernés, la Banque Africaine de Développement et la Banque Mondiale, souhaite travailler au renforcement les systèmes de sante existants, avec du personnel efficace et en nombre suffisant.

Ce travail doit permettre de reconstruire des systèmes résilients et plus résistants,  capables de répondre à de futures urgences sanitaires.

(Interview: Gérard Schmetz, coordinateur de l'OMS ; propos recueillis par Daniel Johnson)

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18/10/2017
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