La couverture de santé universelle, un facteur de résilience face aux urgences sanitaires

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Suivi médical à Nyala, au Soudan. Photo ONU / Albert Gonzalez Farran

Des professionnels du secteur de la santé étaient réunis vendredi 12 décembre au siège des Nations Unies à New York pour évoquer l'importance de systèmes de santé solides comme facteur de résilience face à des crises naturelles ou sanitaires.

Le Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, M. François Delattre, a souligné que la rapidité de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, avait « dramatiquement illustré à quel point le manque de services de santé pouvait déséquilibrer un pays ». Citant le rapport de la Banque Mondiale, il a indiqué que les coûts de l'épidémie s'élevaient déjà à plus d'un milliard de dollars.

Il a plaidé pour le renforcement sur le long terme des systèmes de santé, et la mise en place d'une couverture de santé universelle.

Le Représentant permanent de la France à l'ONU a insisté sur le nécessité de renforcer les 6 piliers qui constituent les systèmes de santé, tels que définis par l'Organisation Mondiale de la Santé : gouvernance, financement, ressources humaines, systèmes d'approvisionnement, gestion des services et systèmes d'information.

Ce renforcement doit passer, selon lui, par un accroissement de la part des financements nationaux, et à ce titre il a réaffirmé le soutien de la France aux objectifs de la déclaration d'Abuja de 2001, par laquelle les chefs d'Etat africains se sont engagés à porter à 15% la part consacrée à la santé dans leurs budgets nationaux.

François Delattre a enfin insisté sur l'importance de mettre en place des systèmes de couverture santé universelle, qui « constituent  une solution durable et transversale de renforcement des systèmes de santé », et qui permettent de renforcer la confiance des citoyens dans leurs systèmes de santé, tout en élargissant les services disponibles et les zones d'intervention. « Notre conviction est que les pays touchés auraient pu faire face au défi que représente cette épidémie [d'Ebola] plus efficacement, s'ils avaient justement bénéficié de systèmes de couverture santé plus inclusifs, permettant à tous un accès à des soins de qualité, et une protection financière face aux dépenses imprévue » a-t-il déclaré.

Concernant l'épidémie d'Ebola, il a détaillé le soutien apporté par la France. Au total, près de 150 millions de dollars ont été engagés, à travers la création de deux centres de formation pour les personnels internationaux et guinéens, trois centres de traitement en Guinée forestière, un centre de transit, et une structure hospitalière à Conakry dédiée aux personnels guinéens et internationaux.

Ce même jour, l'Assemblée générale des Nations Unies adoptait à l'unanimité une résolution appelant tous les Etats membres à mettre en place des systèmes de couverture de santé universelle qui sont « des investissements qui donnent les capacités aux gens de s'adapter aux changements de l’économie et du marché du travail et permettent d'engager une transition vers un système économique plus durable, équitable et inclusif »

(Extrait sonore :  François Delattre, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies)

Classé sous Épidémie d'Ebola, L'info, Santé.
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23/10/2017
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