Des experts de l'ONU demandent au Bahreïn d'abandonner les poursuites contre des femmes accusées de critiquer le gouvernement

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Un groupe d'experts indépendants des Nations Unies sur les droits de l'homme a exhorté le gouvernement du Bahreïn à abandonner les poursuites contre trois militantes des droits de l'homme, alors qu'elles exerçaient leurs droits à la libre expression et à la liberté d’association. Ils ont averti que la privation de liberté pour ces seuls motifs pouvait être considérée comme arbitraire.

Maryam Al-Khawaja, co-directrice du Centre des droits de l'homme du Golfe, a été condamnée à un an de prison pour avoir prétendument agressé des agents de sécurité de l’aéroport. Zainab Al-Khawaja, militante des droits des femmes, a  été quant à elle condamnée à trois ans d'emprisonnement pour avoir déchiré une image du roi de Bahreïn lors d’une audience du tribunal en octobre.

Les deux femmes sont les filles de l'activiste Abdulhadi al-Khawaja,  président de l'ancien Centre des droits de l’homme de Bahreïn, en prison depuis 2011, malgré les nombreux appels de l'ONU en faveur de sa libération.

Ghada Jamsheer est chef d'un réseau de femmes bahreïnies pour la défense des droits de l’homme qui a fait campagne pour la réforme des lois sur la famille à Bahreïn. Elle est sous résidence surveillée pour plusieurs chefs d'accusation dont celui de « tweets diffamatoires ».

Selon les experts onusiens, ces trois militantes ont été arrêtées ou condamnées uniquement en raison de leurs critiques du gouvernement. Ils ont ajouté que ces critiques n'étaient pas seulement légitimes mais également nécessaires à un débat public libre et une société civile saine.

Se déclarant « extrêmement préoccupés par le harcèlement et la criminalisation continue des activistes à Bahreïn », les experts ont enjoint les autorités à abandonner toutes les charges retenues contre les sœurs Al-Khawaja et Ghada Jamsheer.

Les experts concernés par cet appel sont Mads Andenas, président-rapporteur du Groupe de travail sur la détention arbitraire; David Kaye, Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression; Michel Forst, Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme; et Maina Kiai Rapporteur spécial sur les droits à la liberté de réunion et d’association pacifique.

A plusieurs occasions les experts des Nations Unies ont exprimé de graves inquiétudes sur le harcèlement de défenseurs des droits de l'homme au Bahreïn, ou la restriction de la liberté d’expression et d’association.

(Mise en perspective : Priscilla Lecomte)

LE DERNIER JOURNAL
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20/10/2017
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