500 000 personnes affectées par la faim dans les pays touchés par Ebola

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La FAO intervient auprès des communautés les plus vulnérables pour lutter contre l’insécurité alimentaire. Photo FAO

Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) et le Programme Alimentaire Mondial (PAM) plus d'un million de personnes pourraient être affectés par l'insécurité alimentaire d'ici au printemps 2015. 

Dans trois rapports publiés ce mercredi sur la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone, les deux organisations indiquent que 500 000 personnnes sont déjà en situation d’insécurité alimentaire grave dans les trois pays d’Afrique de l’Ouest les plus touchés et elles appellent à prendre des mesures d'urgence pour sauver la production agricole et l'élevage et améliorer l'accès à la nourriture.

La fermeture des frontières, les mesures de quarantaine, l’interdiction de la chasse et d’autres restrictions entravent l’accès des populations à la nourriture et exacerbent les pénuries liées aux pertes de récoltes dans les zones où les taux d’infection sont les plus élevés, selon le rapport FAO-PAM.

Dans un entretien avec la radio de la FAO, Jean Senahoun, économiste au siège de la FAO à Rome, parle de la situation d'insécurité alimentaire. Il indique que la production de riz, qui est la  principale culture vivrière dans cette région d'Afrique de l'Ouest, devrait baisser de 12% au Liberia pour l'année 2014, 8% en Sierra Leone et 4% en Guinée.

Il souligne cependant les grandes disparités dans les pays affectés. Dans les régions les plus touchées, comme la région de Lofa au Libéria, la baisse de la production de riz pourrait aller jusqu'à 20%. L'économiste de la FAO ajoute qu'Ebola affecte non seulement la production agricole à travers la pénurie de main-d’œuvre, mais également le système de commercialisation agricole en raison des restrictions sur les déplacements et de la peur de la contagion.

 

La FAO et le PAM appellent à une action urgente pour rétablir les systèmes agricoles dans les trois pays, qui passe par la fourniture d'intrants agricoles tels que semences et engrais, l'utilisation de technologies améliorées requérant moins de main-d’œuvre, et des coupons alimentaires pour remédier à l'insécurité alimentaire et stimuler les marchés.  Cette action doit venir en complément de la lutte contre l'épidémie d'Ebola.

Les deux agences de l’ONU prévoient que la crise perdure en 2015 et elles ont fait part de leurs besoins de financement pour continuer à aider les communautés vulnérables.

(Interview : Jean Senahoun, économiste au siège de la FAO ; propos recueillis par Murielle Sarr)

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08/12/2017
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