Syrie : grave crimes de l'EIIL qui impose un régime de terreur pour assoir son autorité

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Réfugiés syriens (Crédit photo: A.McConnell/HCR)

Dans un rapport publié vendredi 14 novembre, la Commission internationale d’enquête sur la Syrie a présenté des témoignages qui documentent le régime de terreur imposé par le groupe armé Etat islamique d’Iraq et du Levant (EIIL) pour asseoir son autorité dans les zones qu’il contrôle.

Le rapport se base sur le témoignage de 300 personnes, des victimes ou des témoins directs. Il offre un aperçu sur la vie à l’intérieur des zones occupées par l’EIIL. Le rapport contient également des photos et des vidéos, notamment prises par les membres du groupe armé eux-mêmes.

La Commission d’enquête indique que la vie des civils dans les zones occupées dans le nord-est de la Syrie est terrible, marquée d’exécutions, d’amputations et d’autres punitions corporelles en place publique. Les corps mutilés des victimes qui sont exposés traumatisent les civils, et particulièrement les enfants.

Selon le rapport, l’EIIL cherche à exclure les femmes de tous les aspects de la vie publique. Des femmes ont été assassinées, souvent par lapidation, pour avoir eu des contacts avec des hommes. L’EIIL régule les tenues vestimentaires des femmes, les contacts qu’elles peuvent avoir et les emplois qu’elles sont autorisées à occuper.

Selon les témoignages, des jeunes filles, qui ont parfois pas plus de 13 ans, ont été mariées de force à des combattants de l’EIIL. Des femmes et filles yézidies enlevées en Iraq ont été vendues comme esclaves sexuelles dans le gouvernorat d’Al-Raqqah en Syrie.

Les enfants ont été victimes, témoins mais également auteurs d’exécutions ordonnées par l’EIIL. Le groupe utilise les écoles et l’éducation comme moyen d’endoctriner les enfants, souvent pour les recruter. Dans la ville de Raqqah, des enfants ont été rassemblés pour regarder des vidéos d’exécution de masse de soldats du gouvernement syrien afin de les habituer à la violence extrême.

Le rapport recommande notamment d’enclencher le mécanisme de responsabilité international, y compris par la saisie de la Cour pénale internationale, pour assurer la responsabilité légale des commandants de l’EIIL ainsi que de tous ceux qui sont responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

(Interview : Vitit Muntarbhorn, Commissaire de la Commission internationale d’enquête sur la Syrie ; propos recueillis par Jean-Pierre Amisi Ramazani)

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18/10/2017
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