Japon : ouverture de la Conférence mondiale sur l'éducation au développement durable

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La Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova. Photo: UNESCO/Ania Freindorf

La Directrice générale de l'UNESCO et le ministre japonais de l'Education, du Sport, de la Science et de la Technologie ont ouvert la Conférence mondiale sur l'éducation au développement durable (ESD). La cérémonie d'ouverture s'est tenue en présence de son Altesse impériale le Prince héritier du Japon, après des réunions des diverses parties prenantes la semaine dernière à Okayama.

« Pour parvenir au développement durable, la technologie, les règlementations et les incitations financières ne suffisent pas. Nous devons aussi modifier notre façon de penser et d'agir, en tant qu'individus et en tant que sociétés. Et c'est l'objectif de l'éducation au développement durable », a déclaré la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova.

Son Altesse impériale le Prince héritier du Japon a également souligné la nécessité pour l'éducation d'être à la pointe du changement. « Pour parvenir au développement durable, chacun de nous doit reconnaître que notre existence est liée à celle des autres habitants de la planète et aux générations à venir, ainsi qu'à notre environnement naturel. Nous devons envisager les différents problèmes mondiaux dans une perspective internationale renforcée. Je suis certain que l'éducation est à la base de cette démarche », a-t-il déclaré.

« Cette conférence est très importante. Elle sera l'occasion de revenir sur la décennie écoulée et de débattre de la façon de promouvoir désormais l'ESD. J'espère que les enseignements qui en sortiront permettront d'accélérer la promotion de l'ESD, aujourd'hui et à l'avenir, et qu'ils modifieront l'éducation partout dans le monde », a déclaré le ministre japonais de l'Education, du Sport, de la Science et de la Technologie, Hakubun Shimomura.

Hakubun Shimomura a également annoncé la création du Prix UNESCO-Japon de l'éducation au développement durable. Ce prix a pour objectif de renforcer la visibilité du Programme d'action global (GAP) de l'ESD, qui constitue le prolongement de la Décennie des Nations Unies pour l'éducation au service du développement durable (2005-2014), en récompensant au cours des cinq ans à venir des travaux individuels ou collectifs. Le prix, doté de 50 000 dollars, sera remis tous les ans à trois lauréats qui auront apporté d'importantes contributions à la promotion de l'ESD dans une ou plusieurs des cinq priorités d'action du GAP.

Plus de 1 000 participants sont réunis sous la bannière Apprendre aujourd'hui pour un avenir viable afin de célébrer les réalisations de la Décennie des Nations Unies. On compte notamment 75 ministres et 28 vice-ministres, la Princesse Lalla Hasnaa du Maroc – Présidente de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l'environnement -, et des représentants des Etats membres de l'UNESCO, d'organisations non gouvernementales, d'universités, du secteur privé, d'agences des Nations Unies, ainsi que des spécialistes et des jeunes.

L'UNESCO a présenté le Rapport final de la Décennie (Dessiner le futur que nous voulons) lors de la séance plénière d'ouverture. Il évalue l'impact de la Décennie à tous les niveaux et secteurs de l'éducation, il tire les leçons principales pour le travail à venir. Le rapport, qui s'appuie sur les réponses aux questionnaires envoyés aux Etats membres, aux agences des Nations Unies et à d'autres parties prenantes, comprend aussi une vaste recherche.

Le Rapport identifie dix enseignements clés. Notamment la reconnaissance accrue au plan mondial du rôle de l'éducation en tant qu'outil fondamental pour orienter les sociétés vers le développement durable. Des pays et des entités locales, du Manitoba à l'île Maurice, ont rendu l'éducation plus efficace face aux défis économiques, sociaux et environnementaux que le monde doit relever aujourd'hui et demain. Le Rapport montre que les deux tiers des pays qui ont répondu aux questionnaires disposent déjà d'une stratégie nationale ou d'un plan en matière d'ESD ; la moitié a intégré l'ESD dans leurs politiques concernées.

Parmi les sujets mis en avant dans le Rapport, on peut citer la nécessité d'aligner l'éducation sur le développement durable afin de garantir que l'éducation soutient les objectifs du développement durable et que les décideurs en matière de développement durable apportent leur soutien à l'éducation. Un appui politique généralisé, affirmé et durable est également nécessaire pour passer de la création d'un environnement favorable à la réalisation des actuels changements de programmes et de pratiques éducatives à tous les niveaux de l'éducation. Le Rapport demande aux gouvernements et aux autres parties prenantes d'étendre les actions en vue d'un futur plus durable.

Après la plénière d'ouverture, Irina Bokova et Hakubun Shimomura ont co-présidé une table ronde de haut niveau. Au cours des trois jours de la Conférence se tiendront 4 sessions plénières, 34 ateliers, 25 événements associés et 42 stands d'expositions. Cela permettra aux participants de montrer leur travail, de débattre de sujets ESD particuliers et de partager des réussites d'un peu partout dans le monde. Lors de la plénière de clôture, une Déclaration d'Aichi-Nagoya sera adoptée à partir des réalisations de la Décennie et des délibérations de la Conférence et des rencontres tenues à Okayama la semaine précédente.

La Conférence est co-organisée par l'UNESCO et le Gouvernement du Japon.

(Extrait sonore : Julie Saito, experte en communication à l'UNESCO ; propos recueillis par Jean-Pierre Amisi Ramazani)

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18/12/2017
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