FAO-AIEA : la technologie nucléaire pour lutter contre le pourrissement et la contamination des aliments

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Un exemple des effets des rayonnements ionisants sur la conservation des fraises. Photo AIEA.

Un certain nombre de scandales alimentaires, tels que les plats cuisinés à base de bœuf contenant de la viande de cheval, le lait contaminé, les bactéries dans les aliments frais, ont sensibilisé les consommateurs aux problèmes de contamination des aliments, qui peuvent faire peser un risque sur la santé.

C'est dans ce contexte que se réunit la conférence internationale qui se tient à Vienne du 10 au 13 novembre 2014,  organisée à l’initiative de la division mixte de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dont le rôle est de développer et promouvoir les techniques nucléaires dans l’alimentation et l’agriculture. Détection des aliments insalubres, lutte contre la fraude alimentaire – l’étiquetage falsifié des produits alimentaires – et l’irradiation des aliments font partie des questions clés qui sont abordées par les experts présents à ce forum.

Parmi eux, Alain Strasser, directeur d'un centre de recherche appliqué en France, a fait le point dans un entretien à la Radio des Nations Unies sur les techniques nucléaires d'ionisation qui sont utilisées dans l'industrie agro-alimentaire.

Cette technologie qui consiste à exposer les aliments à des rayonnements pour réduire les bactéries présentes sur ces aliments permet de lutter contre les contaminations telles que celles liées à la salmonelle et à l'E. coli. Elle peut aussi ralentir le pourrissement des aliments et ainsi augmenter les possibilités de stockage.

L'expert regrette que cette technologie éprouvée dans le domaine de la santé et de la stérilisation soit en diminution dans les pays européens. Pour lui, les craintes suscitées par l'utilisation des techniques nucléaires relèvent du « fantasme » alors que, explique-t-il, « la FAO et l'AIEA ont conclu à l'inocuité du traitement »

Mais « tout process n'est pas anodin » tempère-t-il. Le goût et l'odeur des produits irradiés à trop forte dose peuvent être altérés, précise l'expert. Il ajoute que la tendance est à l'utilisation de technologies qui n'utilisent plus de sources radioactives, mais des accélérateurs d'électrons.

Les techniques d'irradation sont utilisées dans plus de 60 pays dans le monde. L'AIEA soutient, à travers des programmes d'assistance technique, l'utilisation de ces techniques pour améliorer la productivité agro-alimentaire et la sécurité alimentaire dans les pays en voie de développement.

(Interview: Alain Strasser, directeur d'un centre de recherche appliqué en France; propos recueillis par Priscilla Lecomte)

Classé sous Dossiers, Environnement, Santé.
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15/12/2017
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