En Afrique du Sud, survivre au « viol curatif » et lutter contre la discrimination à l'égard des homosexuelles

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Oyama Mbopa, victime de viol ‘curatif’, Photo ONU

En Afrique du Sud, de plus en plus de femmes homosexuelles sont violées en raison de leur orientation sexuelle, par des hommes qui veulent les « corriger » : c'est ce qu'on appelle le viol « curatif ».

Dans ce pays qui connait le taux de viols le plus élevé au monde, d'après les statistiques d'Interpol, les femmes sont très exposées à la violence sexuelle, et particulièrement les femmes homosexuelles. Selon les associations de défense des homosexuelles, 10 lesbiennes sont violées par semaine dans la seule ville du Cap. Depuis 1998, plus de 30 femmes sont mortes à la suite de ces crimes de haine.

Oyama Mbopa est l'une de ces femmes, elle a été violée à l'âge de 15 ans, parce qu'elle était déjà ouvertement homosexuelle. Elle sait exactement pourquoi elle a été violée : « A cause de ma sexualité. Pour que nous soyions toutes guéries, que nous nous mettions à fréquenter des hommes et que nous devenions toutes hétéro ».

Pour Bernadette Muthien, qui travaille pour une organisation de défense des droits de l'homme sud-africaine,  cette violence à l'égard des femmes en Afrique du Sud s'explique par les séquelles des 50 années d'Apartheid : « Quand vous dépouillez une personne de sa dignité, vous la dépouillez de son humanité. Elle ne peut plus voir les autres personnes comme des êtres humains, et ceci explique en partie les niveaux et les types de violence que vous voyez ici. »

Pourtant, l'Afrique du Sud a une des législations les plus progressistes envers les homosexuels : c'est un des premiers pays d'Afrique à avoir autorisé le mariage homosexuel. Mais souvent, les victimes n'osent pas dénoncer leur viol, et les mentalités peinent à changer, même au sein du système judiciaire.

ONU Femmes, l'agence des Nations Unies pour les femmes, en partenariat avec des organisations sud-africaines, travaille pour soutenir les victimes de viols et les aider à se reconstruire, physiquement et psychologiquement.

Oyama quant à elle, se bat pour poursuivre ses études, et soutenir d'autres survivantes du viol.

(Extrait d'un reportage 21eme siècle, produit par Gill Fickling)

 

Classé sous Dossiers, Voix de femmes.
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18/10/2017
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