Darfour : aucune preuve de viol collectif, selon la MINUAD

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Photo MINUAD / Sharon Lukunka

Au Darfour, l'équipe de vérification de la mission conjointe des Nations Unies et de l'Union Africaine au Darfour, la MINUAD, a finalement pu avoir l'autorisation d'accéder au village de Tabit, pour enquêter sur des allégations d'un viol collectif de 200 femmes et jeunes filles dans cette région du Nord Darfour, qui avaient été diffusées par des medias locaux.

Depuis le 5 novembre, la MINUAD s'était vu refuser l'accès au site par l'armée soudanaise et Zainab Bangura, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies sur les violences faites aux femmes pendant les conflits, avait appelé le 7 novembre dernier à un accès libre et immédiat au village de Tabit.

Après plusieurs heures d'enquête sur le terrain, l'équipe de la MINUAD n'a pu trouver aucune preuve qu'un viol ait été commis et n'a pas pu confirmer les allégations des medias.

Selon Ashraf Eissa, le porte-parole de la MINUAD, l'équipe de vérification s'est entretenue sur place avec des villageois, des leaders locaux, des hommes et des femmes.  « Aux Nations Unies, nous sommes très vigilants à vérifier les faits avant de faire un commentaire ou une déclaration suite à une publication dans les medias. », a-t-il précisé.

D'autres visites sont prévues à Tabit dans les prochains jours pour s'assurer qu'il n'y ait aucun cas de violence sexuelle. Il est  également prévu d'augmenter les patrouilles de sécurité dans la région.

Le 29 octobre dernier, le Secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon, s'était dit profondément préoccupé par les omissions de la MINUAD au sujet de cinq incidents,  au cours desquels la Mission n'avait pas fourni au Siège de l'ONU des informations complètes concernant des actes répréhensibles qui auraient pu être commis par les forces gouvernementales ou progouvernementales. Ces omissions, selon le Secrétaire général, relèveraient d'une tendance de la MINUAD à passer sous silence les faits à moins qu'ils ne soient avérés de façon absolument certaine.  Ban Ki-moon avait demandé à ce que la politique de liaison de la MINUAD avec les médias soit réexaminée pour garantir davantage d'ouverture et de transparence.

(Extrait sonore: Ashraf Eissa, le porte-parole de la MINUAD; propos recueillis par Derrick Mbatha)

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23/10/2017
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