Conseil de sécurité / Iraq : les conditions humanitaires continuent de se détériorer, prévient l’ONU

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Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-commissaire aux droits de l'Homme( UN Photo/Yubi Hoffmann)

Lors d'une réunion sur la situation en Iraq ce mardi, le Conseil de sécurité a entendu le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Iraq, Nicolay Mladenov, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, ainsi que le Haut-commissaire aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

Valerie Amos a souligné que les conditions humanitaires en Iraq continuaient de se détériorer avec 5,2 millions de personnes ayant besoin d’assistance.

« Si le Programme alimentaire mondial (PAM) ne reçoit pas 85 millions de dollars dans les prochains jours, la nourriture ne pourra pas être achetée et transportée et les distributions destinées à environ 2 millions de personnes seront sérieusement perturbées en janvier », a prévenu Valerie Amos devant les quinze.

Le nombre de personnes déplacées dépassent désormais 2 millions de personnes à travers le pays et ce chiffre continue d’augmenter. Rien qu’au cours des dix dernières semaines, plus de 200.000 personnes ont été forcées de fuir leur domicile à cause de la violence dans les gouvernorats d’Anbar, Ninive, Sala al Din, Kirkouk et Diyala.

En outre, il y a actuellement 3,6 millions d’Iraquiens vivant dans des zones sous le contrôle de l’Etat islamique et du Levant (EIIL) et de groupes armés affiliés. Selon Mme Amos, 2,2 millions d’entre eux ont besoin de toute urgence d’une assistance humanitaire.

« Il ne s’agit pas seulement d’une crise en Iraq. Cela fait partie d’une catastrophe régionale à laquelle nous devons réagir. Les besoins humanitaires en Iraq sont réels, ils sont urgents et ils augmentent chaque mois », a-t-elle ajouté.

De son côté, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a rappelé les violations systématiques des droits de l’homme commises par le groupe armé EIIL et a estimé qu’il fallait traduire les auteurs de ces violations en justice.

Selon Zeid Ra’ad Al Hussein, « les crimes commis en Iraq sont d’une telle ampleur et d’une telle gravité qu’ils constituent très probablement des crimes internationaux, soumis à la juridiction de la Cour pénale internationale. » « J’appelle le gouvernement à adhérer au Statut de Rome et au moins à accepter la juridiction de la CPI concernant la situation actuelle », a-t-il ajouté.

Zeid Ra’ad Al Hussein a précisé qu’après des retards dus à des questions budgétaires, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) est désormais en mesure de déployer une mission d’établissement des faits en Iraq.

Aussi le Haut-commissaire s'est félicité de la lettre que 126 spécialistes de l'Islam ont dirigé à Abu Baqr Baghadi qui dément point par point l'interprétation « takfiri » de l'Islam empruntée par l'EIIL. Cette approche serait selon lui prometteuse pour lutter contre l'idéologie du groupe armé, a déclaré Zeid Ra’ad Al Hussein avant d' implorer le Conseil a appuyé les efforts des spécialistes de l'Islam qui les démentent

Pour sa part, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Iraq, Nickolay Mladenov, a encouragé le gouvernement iraquien à poursuivre ses efforts pour lancer un dialogue national et restaurer la stabilité et la croissance économique. « Cela inclut de reprendre contact avec tous les groupes de gens mécontents, notamment ceux qui se trouvent dans les zones de conflit, dans le cadre du processus démocratique », a-t-il dit.

Le Représentant spécial a salué les efforts du gouvernement pour améliorer sa coopération avec les tribus locales et autres résidents qui sont déterminés à protéger leurs communautés de l’EIIL.

 

(Extrait sonore : Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme)

 

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11/12/2017
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