Soudan du Sud : l'impunité des coupables de violences sexuelles est inacceptable, selon Zainab Bangura

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Zainab Hawa Bangoura, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles., en visite à l’hôpital de Juba. Photo MINUSS.

«  En 30 ans d'expérience, je n'ai rien vu de comparable à ce que j'ai vu à Bentiu ». Zainab Hawa Bangura, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, a fait le bilan de sa  mission au Soudan du Sud lors d'une conférence de presse à New York, lundi 20 octobre.

Elle s'est notamment rendue à Bentiu, où des centaines de personnes ont été assassinées pour des motifs ethniques en avril 2014. Elle a écouté les témoignages de victimes de violences sexuelles et selon elle, le « caractère de ces violences sexuelles est choquant.  Le but n'est pas seulement de violer, mais de détruire et d'infliger une douleur inimaginable ». Zainab Bangura a rapporté que les femmes qui essayaient de se défendre étaient souvent violées avec des objets, voire tuées.

Selon elle, à l'hôpital de Juba, 74% des victimes de violences sexuelles ont moins de 18 ans, la plus jeune victime ayant à peine deux ans. La Représentante spéciale a déploré le manque de prise en charge médicale et psychologique et constaté que de nombreux cas de viols ne sont pas enregistrés. A cela s'ajoute selon elle un stigma social qui contribue à entretenir un climat d'impunité pour les coupables de violences sexuelles.

Au cours de sa visite Zainab Bangura a rencontré le Président sud-soudanais Salva Kiir, avec lequel elle a signé un communique de presse conjoint réitérant la volonté du gouvernement de mettre fin aux violences sexuelles dans les rangs de l'armée et l'engagement de l'ONU à soutenir le gouvernement sud-soudanais dans ce combat.

La Représentante spéciale a également rencontré le chef du mouvement d'opposition, Riek Machar, à Addis Abeba, où il s'est engagé à mettre fin à ces pratiques dans les rangs des milices.

Zainab Bangura a rappelé aux deux parties au conflit que les violences sexuelles commises en période de conflit pouvaient constituer un crime de guerre voire un crime contre l'humanité et que ces crimes seraient punis.

Rappelant que les violences sexuelles constituaient un terrain pour la haine et la vengeance, elle a réitéré l'engagement des Nations-Unies à soutenir les victimes des violences sexuelles.

(Extrait sonore : Zainab Hawa Bangura, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit)

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18/10/2017
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