Soudan du Sud : la situation humanitaire est catastrophique, selon Ellen Margrethe Loej au Conseil de sécurité

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Distribution d’aide alimentaire aux personnes déplacées au Soudan du SUd. Photo ONU/JC McIlwaine

La nouvelle Représentante spéciale du Secrétaire général dau Soudan du Sud, Ellen Margrethe Loej, a souligné mercredi 22 octobre devant le Conseil de sécurité que la situation humanitaire dans ce pays restait catastrophique et ne s’améliorerait pas tant qu’il n’y aura pas de paix et de réconciliation.

Lors de sa présentation devant le Conseil de sécurité du rapport du Secrétaire général sur la situation dans cette jeune nation minée par le conflit, la cheffe de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a souligné que plus de 1,8 million de Sud-Soudanais sont déplacés, environ 4 millions de personnes, soit près d’un tiers de la population, sont confrontées à l’insécurité alimentaire et que 3,2 millions de personnes avaient reçu une forme d'assistance depuis le début de l'année.

«Aucun montant d’aide humanitaire ne peut résoudre la crise ou convaincre les gens de rentrer chez eux : seules la paix et la réconciliation le peuvent et, malheureusement, en l’absence des deux, l’opération humanitaire devra être poursuivie si nous voulons continuer d’éviter que la situation humanitaire ne se détériore davantage », a-t-elle avertit.

Ellen Margrethe Loej a indiqué que de petites escarmouches entre les deux parties en conflit se sont poursuivies ces derniers mois. Ainsi, dans l’Etat d’Unity, la tension reste élevée, notamment autour du site de protection de la Mission des Nations Unies (MINUSS) à Bentiu, les forces du SPLA affirmant que le site est un bastion de l’opposition.

Aussi la Représentante spéciale, qui a pris ses fonctions il y a six semaines, s'est dite choquée du «mépris absolu pour la vie humaine» qu'elle a pu constater. Elle a demandé à ce que les auteurs des exactions soient tenus responsables de leurs actes et s'est félicité de la commission d'enquêté mis en place par l'Union africaine.

La MINUSS continue de fournir une protection à environ 100.000 personnes déplacées internes, dont 49.000 à Bentiu, 28.000 dans la capitale Juba et plus de 18.000 à Malakal, dans l’Etat du Haut-Nil.

La Représentante spéciale a indiqué qu’avec l’approche de la saison sèche, des discussions sont en cours entre la MINUSS, les agences humanitaires, le gouvernement et d’autres partenaires pour commencer le processus facilitant les retours volontaires là où les conditions de sécurité le permettent.

« Il n’y a pas d’autre alternative que de faire taire les armes et de conclure, sans délai supplémentaire, un accord de paix global », a conclu Ellen Margrethe Loej. « C’est le message que je répète à tous mes interlocuteurs sud-soudanais, dont le Président Kiir et le dirigeant de l’opposition, Dr. Riek Machar. »

La Représentante spéciale a appelé le Conseil de sécurité, les dirigeants régionaux et tous les amis du Soudan du Sud à encourager les deux rivaux à faire les compromis nécessaires.

(Extrait sonore : Ellen Margrethe Loej, Représentante spéciale du Secrétaire général au Soudan du Sud)

 

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11/12/2017
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