RDC/Nord-Kivu : la Société civile dénonce de «possibles» recrutements de jeunes par l'ex M23

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Photo MONUSCO/Johnathan Lorillard

En République démocratique du Congo (RDC), la société civile du Nord-Kivu soupçonne d'anciens membres de l'ex rébellion du M23 de procéder au recrutement de jeunes dans le Rutshuru, au Nord-Kivu. Dans un communiqué publié mardi 7 octobre à Goma, cette structure appelle la communauté internationale et le gouvernement congolais à enquêter sur ces «possibles» recrutements. De son côté, la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO) assure n'avoir trouvé aucune trace de ces recrutements après des missions de vérification et de reconnaissance.

Selon des sources locales à Rutshuru, deux personnes ont été interpellées mardi soir par les services de sécurité, au chef-lieu du territoire. Elles auraient été surprises en pleine réunion sur un probable retour de l'ex-M23.

Il s'agirait de Patrice Tambuka, la soixantaine, infirmier dans un centre de santé de Kiwanja, à 3 km de Rutshuru-centre, et Roger Hatuma, ancien chef de cité de Kiwanja, sous l'occupation du M23.

Les suspects auraient été entendus le même jour par les services de sécurité, et seraient toujours en détention.

Plusieurs jeunes, qui participaient à cette rencontre, auraient pris la poudre d'escampette à l'arrivée des forces de sécurité, confirment les mêmes sources.

Depuis environ un mois, des sources locales rapportent des recrutements de jeunes par des partisans de l'ex-M23 à Rutshuru.

Selon la société civile du Nord-Kivu, ces mouvements de recrutement sont signalés à Katale et Buvunga, dans le groupement de Kisigari, en chefferie de Bwisha, où plusieurs personnes auraient été contactées pour le compte du M23.

La MONUSCO dit avoir reçu des informations selon lesquelles des éléments de l'ex M23 auraient été vus en groupes assez grands, de 100 personnes dans un cas, et de 150 personnes dans un autre.

Au cours de la conférence hebdomadaire des Nations Unies mercredi 8 octobre, le chef du bureau de la mission à Goma, Ray Torres, a estimé que, pour l'instant, ces allégations restent de simples rumeurs.

«La brigade Nord a dépêché plusieurs missions de vérification et de reconnaissance sur ces endroits, héliportées et à pied, et rien n'a pu être observé», a-t-il expliqué.

Ray Torres n'exclut pas la possibilité qu'il y ait des éléments M23 qui se soient infiltrés dans ce secteur, mais il affirme que la MONUSCO n'en a trouvé aucune trace.

«Donc, pour l'instant, notre conclusion, c'est que ce sont des rumeurs, peut-être basées sur des craintes, peut-être basées sur des mouvements isolés de quelques personnes», a-t-il ajouté.

Le chef du bureau de la MONUSCO à Goma encourage tout de même les gens à apporter des informations à la MONUSCO, mais il les invite, au préalable, à les vérifier.

(Reportage de Gisèle Kaj de Radio Okapi)

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14/12/2017
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