Iraq :le Haut-Commissariat dénonce des crimes de guerre commis au nord du pays

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Des déplacés iraquiens ont trouvé un refuge temporaire dans un complexe d’appartement inachevé à Erbil. Photo: UNHCR / N. Colt / August 2014

Des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité sont commis en Irak par les djihadistes de l’Etat Islamique en Iraq et au Levant (EIIL). Ce rapport conjoint de la Mission des Nations Unies en Irak (UNAMI) et du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme publié ce jeudi 02 octobre à Genève, dénonce également le comportement des forces gouvernementales iraquiennes. Ce document de 29 pages portant sur la période du 6 juillet au 10 septembre correspondant à l’offensive menée par l’EIIL depuis la Syrie, détaille « une palette stupéfiante » de violations des droits de l’Homme dans le nord de l’Iraq.

Ce rapport conjoint de la Mission de l'ONU en Iraq (UNAMI)et du Haut-Commissariat aux droits de l'homme dresse un sombre tableau des abus commis dans le nord de l’Iraq. Des violations de droits humains « apparemment systématiques et étendues » perpétrés par l’EIIL Etat Islamique en Iraq et au Levant ainsi que des groupes armés associés. Elles incluent des attaques visant directement des civils, des meurtres ciblés de civils, des enlèvements, des viols et d’autres formes d’abus sexuels et physiques contre des femmes et des enfants, mais aussi le recrutement forcé d’enfants. Les diverses ethnies et groupes religieux Iraquiens sont « intentionnellement et systématiquement visés », avec comme objectif les éliminer des zones sous le contrôle de l’EIIL.

Dans ces conditions, le Chef des droits de l'homme, Zeid Ra’ad al-Hussein rappelle que l’étendue des violations perpétrés par l’EIIL est stupéfiante. Et nombre de ces actes pourraient être considérés comme des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Par ailleurs, le rapport dénonce le comportement des forces gouvernementales Iraquiennes et des groupes armés affiliés accusés pour leurs raids aériens et les bombardements d’artillerie qui n’ont pas tenu compte des principes de distinction et proportionnalité établis par le droit international humanitaire.

Le Chef des droits de l'homme de l'ONU appelle le gouvernement iraquien à adhérer au statut de Rome, ce qui permettrait à la Cour pénale internationale (CPI) de poursuivre ces crimes, « précisément ce pour quoi elle a été créée ». Selon un bilan de l’Unami établi mercredi 1er octobre, au moins 9 347 civils ont été tués en Iraq en 2014, et 17.386, blessés, plus de la moitié de ces chiffres résultent de l’offensive lancée en juin par l’EIIL. L’ONU estime que plus 1,8 million d’Iraquiens ont été déplacés à la suite de ces violences.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Genève, pour la Radio des Nations Unies)

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16/10/2017
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