Iran : l'ONU consternée par l'exécution de Reyhaneh Jabbari

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Rupert Colville, porte-parole du Bureau du Haut commissaire aux droits de l’homme (Photo: ONU)

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a exprimé mardi sa consternation concernant l’exécution le 25 octobre de Reyhaneh Jabbari, qui a été condamnée à mort pour avoir assassiné un ancien employé du Ministère du renseignement iranien.

Reyhaneh Jabbari a été pendue samedi, malgré des appels répétés de l’ONU, de la communauté internationale et des défenseurs des droits de l’homme de ne pas l’exécuter.

Le 7 juillet 2007, l'iranienne aurait poignardé l’ancien officier des renseignements, Morteza Abdolali Sarbandi à l’épaule suite à un entretien d’embauche pour réaménager son bureau. Il aurait contraint la jeune femme à le suivre dans une résidence, où, selon elle, il a tenté de la violer. Reyhaneh Jabbari a insisté que son geste était une mesure d’auto-défense.

« De graves préoccupations ont été soulevées quant à la régularité du procès contre elle en particulier concernant les allégations selon lesquels sa condamnation était basée sur des aveux obtenus sous la contrainte. Le tribunal aurait également refusé de prendre en compte toutes les preuves circonstancielles », a expliqué le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d’une conférence de presse à Genève.

Les autorités iraniennes ont apparemment fait des tentatives pour empêcher l’exécution, qui a été suspendue au moins deux fois, en avril et septembre, afin de permettre aux deux familles de parvenir à un règlement.

Le HCDH a toutefois souligné que le gouvernement est responsable et devait empêcher l’exécution, surtout avec tant d’incertitudes sur les circonstances entourant le meurtre, et les doutes sur la régularité du procès.

« Nous sommes très préoccupés par l’utilisation accrue de la peine de mort en Iran, comme le souligne le rapport du Rapporteur spécial sur l’Iran qui a été présenté à l’Assemblée générale aujourd’hui » a déclaré le porte-parole.

« L’Iran doit comparaître devant le Conseil des droits de l’homme dans le cadre de l’Examen périodique universel, ce vendredi 31 octobre, et nous appelons les autorités iraniennes à prendre un engagement explicite d’instaurer immédiatement un moratoire sur la peine de mort, en particulier à la lumière du grand nombre d’exécutions et des graves préoccupations concernant le respect du principe de la procédure régulière », a-t-il ajouté.

 

(Mise en perspective :Cristina Silveiro)

 

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23/10/2017
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