HCR : la communauté internationale doit aider le Liban à assumer le fardeau des réfugiés syriens

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Mohammed, 8 ans, est un réfugié syrien qui vient de faire sa rentrée à l’école grace à la mise en place d’un système de double rotation dans cette école primaire du Liban. Photo HCR/ S. Hoibak

Au Liban, pour la première fois depuis 2010, le nombre de réfugiés a diminué. A la fin du mois de septembre, le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés, le HCR, a enregistré une baisse de 40 000 dans le nombre de réfugiés.

C'est la conséquence de la décision prise par le gouvernement libanais de limiter l'accueil des réfugiés en provenance de Syrie, à l'exception de ceux présentant des besoins humanitaires urgents. Le HCR a précisé qu'il travaillait en étroite collaboration avec le gouvernement libanais pour définir ces critères humanitaires et permettre aux personnes les plus menacées d'être accueillies.

Les restrictions ont été mises en place par le gouvernement libanais ces derniers mois à la frontiere Nord du pays, et plus récemment, au principal point d'entrée de Masnaa, à l'est du Liban.

D'après le HCR, le Liban comptabilise plus de 1.17 millions de réfugiés, dont 50% sont des enfants, ce qui représente un fardeau pour ce pays.

Dana Sleiman, chargée d'information pour le HCR au Liban, explique que le Liban est le pays du monde qui accueille le plus de refugies par rapport à sa population globale.

« Un quart de la population du Liban est constituée de réfugiés, et c'est un fardeau pour le Liban, pour ses infrastructures, les écoles publiques, les hôpitaux, les centres de santé primaires, l'électricité, l'eau, tous ces services ont été affectés »

Les agences humanitaires dont le HCR interviennent pour soutenir les infrastructures libanaises, notamment les services de santé et d'éducation. Ainsi Dana Sleiman a expliqué qu'en 2013, le HCR, avec le soutien de l'UNICEF et d'autres organisations, avait permis la scolarisation de 90 000 enfants refugies, en utilisant notamment le système de rotation de classes a l'école.

Malheureusement, a-t-elle ajouté, les 300 000 enfants qui n'ont pas été scolarisés sont livrés à eux-mêmes. Certains sont engagés dans différentes formes de travail. Beaucoup n'ont pas été à l'école pendant plusieurs années et ne savent ni lire ni écrire. Pour eux, le HCR tente de mettre en place des activités d'éducation non formelles au sein des campements de réfugiés.

Le HCR a demandé que d'autres pays, notamment les pays du Nord, partagent le fardeau du Liban, par exemple  en permettant la relocalisation des réfugiés qui transitent par le Liban.  L'agence des Nations-Unies a également lancé un appel aux partenaires pour financer l'amélioration des infrastructures libanaises. Le projet de 1.7 milliard de dollars n'est financé qu'à hauteur de 38%.

(Extrait sonore: Dana Sleiman, chargée d'information pour le HCR au Liban)

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15/12/2017
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