Haïti : il est temps de passer de l’aide d'urgence au développement sur le long terme, selon OCHA

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Un camp de déplacés à Haïti en 2010. Photo ONU / Logan Abassi

Haïti est désormais à un point où l'aide humanitaire traditionnelle arrive à ses limites, et une aide durable au développement sur le long terme est nécessaire pour satisfaire les besoins de la population“.

C’est par ses propos introductifs que la Sous-Secrétaire générale des Nations Unies aux affaires humanitaires, Kyung-wha Kang a commencé la réunion de haut niveau sur les solutions durables au déplacement en milieu urbain, ciblée sur Haïti, qui a eu lieu vendredi 24 octobre au Siège des Nations Unies à New York.

La rencontre, organisée par notamment le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) et le Programme des Nations Unies pour le Développement, le PNUD, a réuni des représentants du gouvernement haïtien, des ONG et des agences onusiennes, pour faire le point sur la situation des déplacés, près de cinq ans après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a fait plus de 200 000 morts en Haïti.

Selon Kyung-wha Kang, des progrès considérables ont été obtenus : les presque 10 millions de mètres cube de débris ont été nettoyés et plus de 94% des un million et demie de personnes qui s'étaient retrouvées sans abris ont été relogées hors des camps. Des avancées notables ont été accomplies également en matière de mortalité infantile ou d'accès à l'éducation primaire.

Mais Haïti, a-t-elle poursuivi « reste fragile et c'est un des pays au monde parmi les plus vulnérables aux catastrophes naturelles ».  Près de 60% des haïtiens sont sous le niveau du seuil de pauvreté et 50% n'ont pas accès aux soins de santé.

La Sous-Secrétaire générale a indiqué qu'en 2014, 800 000 Haïtiens dépendaient de l'assistance humanitaire, et que les personnes relogées n'avaient toujours pas retrouvé les conditions de vie qu'elles avaient avant le tremblement de terre : « La plupart d'entre eux se considèrent encore comme des déplacés ».

Le déplacement de longue durée, d'après  Kyung-wha Kang, peut avoir des conséquences psychosociales négatives, surtout pour les enfants et les femmes, qui peuvent se sentir exclues de la société.

Il est temps selon elle de passer de l'aide d'urgence à une aide au développement sur le long terme.

La Sous-secrétaire générale a lancé un appel à la communauté internationale pour renforcer la résilience des communautés d'Haïti.

Si on n'intervient pas rapidement, a-t-elle conclu, «  on risque de perdre tous les gains obtenus pendant la dernière décennie la prochaine fois que surviendra une catastrophe majeure ».

(Extrait sonore : Kyung-wha Kang, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies aux affaires humanitaires, propos recueilis par Priscilla Lecomte)

 

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16/10/2017
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