Conseil de sécurité : doter les opérations de maintien de la paix des mandats et moyens nécessaires

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Le commandant des forces de la Monusco, le général Santos Cruz, lors de sa visite mercredi 11 juin à Mutarule au Sud-Kivu. Radio Okapi/Ph. Fiston Ngoma

Sous la présidence de l'Argentine, le Conseil de sécurité a examiné ce matin la question des opérations de maintien de la paix. Les quinze ont entendus les exposés de trois généraux, commandant de forces de maintien de la paix déployées en République démocratique du Congo, au Mali, la troisième la FNUOD étant présente au Moyen-Orient.

Premier intervenant, le général Carlos Alberto dos Santos Cruz, Commandant de la MONUSCO au Congo-Kinshasa a insisté sur la protection des civils exposés à des menaces directes, une question qui a pour la première fois été mentionnée par le Conseil en 1999 dans le mandat de la Force en Sierra Leone. Il a souligné que même lorsque ce mandat est spécifiquement stipulé, il y a de la place pour l'interprétation. La protection des civils, est la tâche la plus importante de la MONUSCO. “C'est d'ailleurs bien plus qu'un mandat, c'est une obligation morale”, a fait valoir le général.

Le Commandant militaire de la MONUSCO a par ailleurs estimé que l'ONU ne doit pas attendre que les milices agissent pour intervenir, ou même leur laisser une quelconque liberté de mouvement. Il a indiqué que les troupes restent conscientes des principes des opérations de maintien de la paix, à savoir, le consentement des parties, l'impartialité, et non utilisation de la force sauf en cas d'autodéfense ou de défense du mandat, de force majeure. Pour autant, il faudrait revoir l'application de ces principes à l'aune de certaines situations rencontrées aujourd'hui, notamment la présence de groupes armés criminels.

Le général dos Santo Cruz a, en outre, souligné que la présence de troupes de l'ONU ne suffit pas toujours à dissuader les milices et groupes criminels. Pour lui, seule une force, proactive, bien équipée, dotée d'un mandat robuste est capable de neutraliser et de supprimer les menaces contre les civils. De plus, la présence passive de forces onusiennes dans des endroits où des violences ont été commises conduit à un affaiblissement de la réputation de l'ONU et de la communauté internationale.

Deuxième intervenant, le général Jean Bosco Kazura, qui commande la MINUSMA, la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali a mis l'accent sur le contexte particulier et volatile du Mali marqué notamment par l'instabilité et la corruption aggravées par les agissements de groupes armés et terroristes dans le nord. Or, la MINUSMA combat une situation terroriste sans en avoir le mandat, ni les moyens, a-t-il fait observer. Aussi, le temps n'est plus aux questions, mais à l'action eu égard notamment au lourd tribut payé par les Casques bleus.

Le général Kazura a fait valoir que les opérations anti-terroristes au nord du Mali sont plus nécessaires que jamais. Selon lui, il faut aussi renforcer les forces maliennes qui seront amenées à prendre le relai et à effectuer les opérations de démobilisation, de désarmement et de réintégration et à participer au processus de réconciliation nationale.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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08/12/2017
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