Au Liberia: les survivants d’Ebola s’occupent des orphelins de cette épidémie. selon l’UNICEF

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Alhassan, un survivant d’Ebola en Sierra Leone. Photo UNICEF Sierra Leone.

Le Ministère de la Santé du Liberia en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance, l'UNICEF, a formé vingt survivants d'Ebola afin de travailler auprès des enfants orphelins placés en quarantaine. Trente autres doivent être formés prochainement.

Il s'agit d'une nouvelle stratégie soutenue par l'UNICEF pour faire face à la stigmatisation dont souffrent ces enfants orphelins, dont le nombre ne cesse de croitre.

Le porte-parole de l'UNICEF à Genève, Christophe Bouliérac, explique que les enfants des victimes d'Ebola sont souvent rejetés par leurs communautés, et qu'il est de plus en plus difficile de trouver une famille d'accueil ou des proches pour prendre soin d'eux durant la période d'incubation de 21 jours pendant laquelle dure la quarantaine.

L'UNICEF avec le ministère de la santé a donc décidé de construire des centres intérimaires pour accueillir ces enfants. Le porte-parole de l'UNICEF précise qu'un premier centre a déjà ouvert ses portes dans la capitale, Monrovia, il y a deux semaines, et que cinq autres centres sont en construction dans chacune des régions les plus affectées par la maladie. Là, ajoute-t-il, des travailleurs sociaux ou des personnes formées peuvent soutenir ces enfants pendant la période d'incubation, «  ils vont jouer avec les enfants,  ils vont pouvoir les prendre dans leurs bras, quelque chose d'inimaginable  pour ces enfants ».

A l'issue des 21 jours, si tout va bien, Bouliérac explique que les travailleurs sociaux vont chercher des proches, une famille d'accueil ou une solution d'adoption en dernier recours pour ces enfants, l'objectif étant de leur permettre de retrouver une famille, solution que privilégie toujours l'UNICEF.

« Plus la maladie évolue, plus il faut redoubler d'efforts », explique Christophe Boulierac.

Les survivants, ajoute-t-il, sont les mieux placés pour prendre en charge ces enfants orphelins, car ils ont eux-mêmes traversé l'épreuve de la maladie et de la stigmatisation, et ils ne risquent plus de contracter la maladie.

Malgré le deuil d'un proche, la souffrance liée à la maladie, les survivants, dit-il, souhaitent s'impliquer pour soutenir ces orphelins qui sont stigmatisés et ostracisés.

Au Sierra Leone, des survivants ont également été formés pour travailler directement avec les malades dans des centres de traitement.

(Extrait sonore : Christophe Bouliérac, porte-parole de l'UNICEF à Genève; propos recueillis par Priscilla Lecomte)

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08/12/2017
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