UNICEF: aider les mères des régions rurales dans la lutte pour éliminer le VIH / SIDA

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Source: UNICEF Vidéo

Une génération sans SIDA semblait jadis n'être qu'un rêve impossible. Mais, maintenant, la communauté internationale dispose de ce qu’il faut pour faire de ce rêve une réalité. Les progrès obtenus dans la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant ont permis de ralentir considérablement le taux de nouvelles infections chez les bébés dans les pays à revenu faible et intermédiaire. On n'a cependant pas constaté les mêmes progrès dans le traitement des enfants vivant avec le VIH, et la trajectoire du nombre de décès imputables au SIDA chez les adolescents vivant avec le VIH reste alarmante.

Les agents de santé communautaires en Côte d’Ivoire aident les femmes enceintes vivant avec le VIH en leur offrant des soins qui leur sont indispensables pour rester en bonne santé, elles et leurs bébés.

A l'ombre d'un toit de chaume, un groupe de femmes enceintes, de jeunes mères et leurs partenaires écoutent Atanase Koukou Kouakou. Un manuel illustré à la main, il explique pourquoi il est important que toutes les femmes enceintes se fassent tester pour le VIH et se rendent régulièrement à leurs consultations prénatales.

Atanase est un agent de santé communautaire à Labo, un village situé à une centaine de kilomètres de Yamoussoukro, la capitale de la Côte d’Ivoire. Il est agriculteur mais fait du bénévolat pendant son temps libre pour sensibiliser sa communauté aux questions de santé et au problème du VIH.

La Côte d’ Ivoire affiche un des taux de prévalence du VIH chez les adultes les plus élevés de l'Afrique de l'Ouest — 3,7 pour cent — , selon l’Enquête démographique et de santé sur la prévalence du VIH de 2011 à 2012 .

Ce sont les femmes qui sont le plus touchées. En Côte d’ Ivoire, le nombre de femmes vivant avec le VIH est deux fois plus élevé que le nombre d’hommes vivant avec le VIH.

La Côte d’ Ivoire est l’un des 22 pays prioritaires du Plan mondial pour éliminer les nouvelles infections à VIH chez les enfants d’ici à 2015 et maintenir leurs mères en vie. Ce plan couvre tous les pays à revenu faible et moyen, mais se concentre sur les 22 pays comptant le plus grand nombre de femmes enceintes vivant avec le VIH.

La Côte d’ Ivoire a fait des progrès remarquables dans la réduction du nombre de nouvelles infections à VIH chez les enfants, qui a diminué de 25 pour cent entre 2009 et 2012. Cependant, les efforts déployés pour prévenir la transmission du virus de la mère à l'enfant n’atteignent pas tout le monde. Plus de deux tiers des femmes enceintes éligibles vivant avec le VIH ne sont pas sous traitement antirétroviral.

Il est essentiel que les femmes vivant avec le VIH sachent qu'elles sont séropositives et aient accès aux connaissances et aux soins grâce auxquels elles, leurs bébés et leurs partenaires pourront rester en bonne santé. Mais les obstacles sont immenses.

Dans les zones rurales comme Labo, les femmes doivent parcourir une grande distance pour atteindre le centre de santé local. Selon le spécialiste VIH de l'UNICEF en Côte d’Ivoire, le Dr Jean Konan Kouamé, quand il s’agit des femmes des campagnes, la route est longue pour arriver à un diagnostic de séropositivité ou évaluer l'état de santé d'une femme après le diagnostic. « Si une femme enceinte a été testé positive au VIH, elle doit souvent parcourir de longues distances pour se rendre à un centre de santé » explique-t-il.

Il ajoute : «Seul un médecin ou une sage-femme d'un établissement de santé peuvent effectuer un test VIH ou prescrire des médicaments antirétroviraux. » Une fois qu'elles ont subi le diagnostic, les femmes enceintes vivant avec le VIH ont beaucoup de mal à accéder aux soins de santé prénatals.

La stigmatisation et la discrimination représentent également des obstacles. Il arrive que les personnes vivant avec le VIH n'osent pas accéder aux soins de santé – ou ont peur de se faire tester. La discrimination peut même accroître leur vulnérabilité à la violence physique. Les femmes diagnostiquées pendant la grossesse risquent de ne rien vouloir dire à leurs partenaires, car elles ont peur de se faire accuser, d'être abandonnées, voire maltraitées. Les effets de la stigmatisation et de la discrimination sur la santé des femmes et leurs enfants peuvent être graves.

Les agents de santé communautaires comme Atanase peuvent aider à combler les lacunes dans les soins, dans la prévention, le dépistage et le traitement pour atteindre toutes les femmes. Comment ? « Un agent de santé communautaire est une personne qui est proche des gens sur le terrain, explique Atanase. Nous conseillons aux femmes enceintes d’aller à l’hôpital pour voir une sage-femme et de s'inscrire auprès du service national de santé, afin qu’elles puissent commencer à recevoir des soins. »

Le travail qu'effectue Atanase dans la communauté met particulièrement l’accent sur le soutien aux femmes enceintes vivant avec le VIH. Il incite les femmes et leurs partenaires à se faire tester et soutient les personnes dont le test est positif en surveillant qu'elles observent bien leur traitement et en leur donnant des conseils pratiques sur la façon de rester en bonne santé.

La Côte d’ Ivoire se prépare à lancer un traitement antirétroviral à vie à destination de toutes les femmes enceintes du pays vivant avec le VIH. Cette approche nouvelle permet d'offrir aux femmes enceintes vivant avec le VIH un traitement à vie dès qu’elles ont été diagnostiquées, grâce à quoi elles pourront rester en bonne santé et prévenir la transmission du VIH lors des prochaines grossesses. Le nombre de nouvelles infections à VIH parmi les enfants devrait encore reculer.

La clé du succès du programme – qui vise à sauver la vie des enfants et des femmes – est d’identifier les femmes qui ont besoin de soutien, leur offrir le test du VIH et s’assurer qu’elles suivent bien leur traitement antirétroviral.

Sur le terrain, armés des connaissances et de la formation nécessaires pour aider les femmes rurales dans leur périple vers l'accouchement et au-delà, les agents de santé communautaires comme Atanase peuvent être le lien crucial entre les collectivités et les établissements de santé pour dispenser un traitement à toutes les femmes vivant avec le VIH et prévenir ainsi la propagation du virus.

(Reportage: UNICEF)

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17/10/2017
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