Syrie : la Commission d'enquête plaide pour un dialogue pouvoir et opposition

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Paulo Pinheiro, Président de la Commission indépendante internationale d’enquête sur la Syrie (Photo: ONU/J.M. Ferré).

Face aux blocages de tout processus de paix, la Syrie a continué de s’enfoncer dans la guerre, un conflit qui a débordé sur le Liban et l’Iraq voisins et qui menace l’ensemble de la région.  Pour le Président de la Commission indépendante internationale d’enquête sur la Syrie, cette guerre ne sera pas résolue sur le champ de bataille.  Devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU ce mardi à Genève, Paulo Sergio Pinheiro a plaidé pour l’ouverture d’un dialogue et des négociations entre le gouvernement et l’opposition avec le soutien des États influents et des Nations Unies.

En attendant, Paulo Sergio Pinheiro a indiqué n'avoir pas d’autre choix que de décrire une guerre dont les effets s’aggravent de jour en jour.  Les groupes armés anti-gouvernementaux et les forces armées de Damas continuent de commettre des crimes sans aucun respect pour le droit international. Pour appuyer ce constat, la Commission d’enquête a soumis au Conseil des droits de l'homme douze témoignages de victimes récemment rassemblés sur les 3.200 qu’elle a recueillis pour ses travaux.

 

La montée du danger djihadiste en Syrie et l'implantation de l'EIIL (Etat Islamique en Iraq et au Levant) doivent obliger Damas et l’opposition syrienne à trouver un compromis pour mettre fin à trois ans et demi de conflit.  Devant le Conseil des droits de l'homme ce mardi à Genève, le président de la Commission d’enquête internationale sur la Syrie a rappelé que cette guerre « ne se réglera pas sur le champ de bataille ». Selon Paulo Sergio Pinheiro, les immenses souffrances des civils et l’émergence de l’Etat islamique (EI) renforcent la nécessité pour le gouvernement et les principaux mouvements de l’opposition de s’engager à faire des compromis pour un règlement politique. A cet égard, la Commission en appelle à la communauté internationale pour mettre fin aux atrocités.

Car sur le terrain, la violence ne faiblit pas. L’EIIL continue à mettre en scène ses exécutions publiques et de commettre des crimes.

Mais la commission note que l'EIIL et les groupes armés rebelles ne sont pas les seuls agents de mort et de destruction en Syrie. Le gouvernement syrien demeure responsable de la majorité des victimes, tuant par ses bombardements et s’en prenant chaque jour aux civils à ses points de contrôle.

De son côté, la République arabe syrienne a d’emblée affirmé que le rapport est politisé, partisan et établi sur des faits erronés.  Selon l'Ambassadeur Hussam Eddin Aala, ce document a été fait sur la base de témoignages de personnes vivant hors de Syrie tout en ignorant la souffrance de ceux qui y vivent et souffrent des agissements s des groupes terroristes armés.  Il n’a pour but que d’accuser le gouvernement syrien, a dit le représentant.  Il s’est ensuite étonné que le rapport consacre un paragraphe entier aux crimes de l’État Islamique en Iraq et au Levant, tout en ignorant ceux des autres groupes terroristes.  La Syrie ne peut que rejeter de tels rapports, a conclu son représentant.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Genève, pour la Radio des Nations Unies)

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15/12/2017
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