L’ONU appelle de nouveau à l’abolition universelle de la peine de mort

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Photo ONU/Martine Perret

L’ONU a de nouveau appelé jeudi à l’abolition universelle de la peine de mort en exhortant les dirigeants des pays où elle est toujours en vigueur à l’abandonner ou à déclarer un moratoire sur son application.

Sept ans après que l’Assemblée générale des Nations Unies a appelé à un moratoire mondial sur la peine de mort, on constate « des progrès significatifs vers une abolition universelle » avec plus de 160 États Membres (sur 193) qui l’ont supprimée de leur code pénal ou ne l’appliquent plus, a noté le Vice-secrétaire général de l’ONU, Jan Eliasson.

« Le droit à la vie est à la base de toute l’action des Nations Unies, que ce soit dans les domaines de la paix et de la sécurité, du développement ou des droits de l’Homme », a déclaré Jan Eliasson lors d’une discussion de haut niveau sur le thème « Prendre ses distances avec la peine de mort : leadership national », en marge de la 69ème session de l’Assemblée générale de l’ONU. « Rejeter l’acte consistant à prendre délibérément la vie de quelqu’un revient à proclamer sa foi envers le progrès et la dignité humaine ».

« Nous savons que dans les pays qui pratiquent encore la peine capitale, trop de personnes sont exécutées alors qu’existent des doutes légitimes sur leur culpabilité, ou dans des circonstances hâtives qui ne sont pas conformes aux normes internationales en matière d’équité des procédures », a-t-il dit.

« Nous devons continuer d’affirmer clairement que la peine de mort est injuste et incompatible avec les droits fondamentaux de l’Homme », a-t-il ajouté.

Pour parvenir à l’abolition universelle, « un sens aigu des responsabilités est indispensable », c’est pourquoi le Secrétaire général (Ban Ki-moon) et moi-même appelons les dirigeants au pouvoir à faire preuve de sens des responsabilités et de principes pour créer un monde débarrassé de la peine capitale », a déclaré Jan Eliasson.

De nombreux dirigeants « ont reconnu l’existence d’un risque que des personnes innocentes soient exécutées », a-t-il poursuivi. « Ils reconnaissent le caractère discriminatoire et arbitraire des procédures judiciaires et le danger que la peine de mort soit utilisée comme outil de répression politique. Ils savent aussi qu’elle n’est pas dissuasive et qu’ôter délibérément la vie d’une personne n’est pas compatible avec le genre de société que nous souhaitons pour le XXIème siècle ».

« Il s’agit là d’arguments forts en faveur de l’abandon du châtiment suprême. Le Secrétaire général et moi-même exhortons les chefs d’Etat ou de gouvernement des pays où la peine de mort est encore utilisée à exercer leur autorité juridique pour gracier les condamnés à mort et imposer un moratoire sur les exécutions. De telles initiatives peuvent ouvrir la voie à une abolition totale de la peine de mort », a conclu Jan Eliasson.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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15/12/2017
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