L’ONU appelle à consolider les progrès réalisés dans l’Est de la RDC

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Saïd Djinnit, Envoyé spécial pour la paix dans la région des Grands Lacs (UN Photo/JC McIlwaine)

Tous les Chefs d’État et parties signataires de l’Accord-cadre pour la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) sont d’accord pour dire que des progrès ont été réalisés mais il y a encore beaucoup à faire, a déclaré  l’Envoyé spécial des Nations Unies pour la région des Grands Lacs, Saïd Djinnit, à l’issue de la quatrième réunion du Mécanisme régional de suivi de l’Accord-cadre pour la paix dans l’Est de la RDC.

Lors de la réunion, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a appelé les pays de la région des Grands Lacs à consolider les progrès accomplis.

« Nous devons intensifier les efforts nationaux et régionaux, avec un soutien international, pour répondre aux causes profondes du conflit dans l’est de la RDC. Nous devons éliminer la menace posée par les groupes armés. Nous devons accélérer la mise en œuvre des Déclarations de Nairobi du Processus de Kampala, dont le rapatriement en RDC des anciens éléments du M23 qui sont éligibles », a dit Ban Ki-moon dans un discours lors de cette réunion. « Et nous devons continuer à bâtir la confiance entre les pays de la région. »

Il s’agissait de la quatrième réunion du Mécanisme régional de suivi (13+4) de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région. Elle était organisée conjointement par Ban Ki-moon et la Présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma. La précédente réunion s’était tenue au siège de l’Union africaine, à Addis-Abeba, à la fin janvier.

« Ces derniers mois, des progrès ont été faits par rapport à plusieurs des engagements énoncés dans l’Accord-cadre. Les groupes armés sont moins à même d’attaquer les civils dans l’est de la RDC, surtout depuis la défaite de l’ancien M23, fin 2013. Les conditions de sécurité se sont ainsi améliorées dans la région », a noté le Secrétaire général.

Toutefois, plusieurs groupes armés continuent leurs activités, a-t-il relevé. « Les Déclarations de Nairobi du processus de Kampala ont été mises en oeuvre trop lentement. Et il reste un manque de confiance entre certains pays de la région », a-t-il souligné.

Le Secrétaire général a estimé que malgré ces défis, il était possible de maintenir le processus sur les rails. « Je salue le message collectif et sans équivoque adressé aux (rebelles des) FDLR leur demandant de rendre les armes volontairement avant le 2 janvier 2015 », a-t-il dit. « Je vous invite à élaborer un plan global pour traiter avec les FDLR par des moyens non militaires et, si nécessaire, par une action militaire. Nous ne devons ménager aucun effort pour mettre fin à l’instabilité qui a touché des millions de personnes et entravé le développement et la prospérité de la région depuis trop longtemps. »

Selon le Secrétaire général, « pour que les causes profondes du conflit qui déchire la RDC et la région puissent être réglées, il faut que soit réaffirmée la volonté de donner effet rapidement à tous les engagements nationaux et régionaux énoncés dans l’Accord-cadre ».

Il a rappelé que dans les années qui viennent, des élections déterminantes se tiendront dans plusieurs pays de la région des Grands Lacs. « La culture démocratique de la région doit s’en trouver renforcée. J’espère que les pays concernés en sortiront plus forts, plus unis et plus stables », a-t-il dit.

Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion, les pays signataires de l’Accord-cadre ont renouvelé leur engagement en faveur de sa mise en œuvre et réaffirmé leur respect pour la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique de tous les Etats de la région.

Le communiqué salue également « les progrès réalisés en vue de la stabilisation dans l’Est de la RDC » et félicite les forces armées de la RDC et la brigade d’intervention de la Mission des Nations Unies (MONUSCO) « pour les efforts qu’elles ont déployés de concert afin de neutraliser certaines des forces négatives qui opèrent dans l’Est de la RDC. »

Les pays signataires de l’accord-cadre ont encouragé les forces armées de la RDC et la brigade d’intervention de la MONUSCO « à poursuivre leurs efforts afin de désarmer toutes les forces négatives dans l’Est de la RDC, notamment les FDLR et ADF-NALU. »

(Interview : Saïd Djinnit, Envoyé spécial des Nations Unies pour la région des Grands Lacs; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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20/10/2017
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