Libéria : Ebola a des effets catastrophiques sur la production agricole, selon la FAO

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Un travailleur sanitaire désinfecte un taxi devant un centre de traitement de l'Ébola au Libéria. Photo: OMS/R. Soerensen

L’épidémie d’Ebola est en train d’éradiquer les progrès économiques réalisés au Libéria depuis plusieurs années et menace les moyens de subsistance d’un grand nombre de gens dans le pays, a mis en garde mardi l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Selon l’agence onusienne, si les communautés touchées ne reçoivent pas une aide immédiate, dont des transferts d’argent pour acheter les semences dans les semaines à venir, les conséquences pour la production agricole de 2015 pourraient être désastreuses.

« Les gens sont terrifiés par la vitesse à laquelle la maladie se propage », a expliqué le Représentant par intérim de la FAO au Libéria, Alexis Bonte, dans un communiqué de presse. « Leurs voisins, amis et membres de la famille meurent en quelques jours en présentant des symptômes choquants, et les causes de la maladie ne sont souvent pas bien comprises. Cela provoque de nombreuses spéculations sur l’origine de la maladie et des rumeurs selon lesquelles l’eau, la nourriture ou même des personnes pourraient être responsables. La panique s’ensuit, et les agriculteurs abandonnent leurs champs pendant des semaines ».

Pour la FAO au Libéria, la priorité est de sauvegarder la sécurité alimentaire des ménages au niveau local. Les associations de femmes joueront un rôle clé dans la stratégie de la FAO pour renforcer les capacités financières des agriculteurs.

Pour cela, la FAO va travailler avec les associations de femmes pour sensibiliser les communautés locales et pour renforcer l’accès aux semences. Afin de préserver l’agriculture et de soutenir les communautés affectées, l’assistance de la FAO comprendra des transferts en espèces, des investissements pour revitaliser l’épargne et augmenter la production alimentaire.

« La FAO adapte certains de ses propres projets au Libéria afin de mieux contribuer à la lutte contre le virus d’Ebola et atténuer son impact socio-économique », a souligné Alexis Bonte. « Toutefois, l’agence a besoin de l’appui de ses partenaires, y compris des bailleurs de fonds pour pouvoir atteindre les communautés locales et en particulier les femmes les plus affectées ». Les femmes sont les premières victimes de l’épidémie en termes d’infections et de décès, car elles sont chargées de fournir des soins aux proches touchés.

L’approche de la FAO combine les dimensions sociales, techniques et financières pour accroître la résilience des communautés. Les revenus générés par les associations de femmes à travers ces activités seront utilisés pour couvrir les besoins urgents, y compris la nourriture. Les revenus serviront également à offrir des possibilités d’investissement pour les populations vulnérables à revitaliser leurs systèmes d’épargne et de prêts.

(Alexis Bonte, Représentant par intérim de la FAO; interview réalisée par la FAO).

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14/12/2017
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