Haïti : le blocage politique et institutionnel retarde la reconstruction du pays

Écouter /

Sandra Honoré, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour Haïti et cheffe de la MINUSTAH. Photo : ONU

Sous présidence américaine, le Conseil de sécurité a examiné ce matin, à New York, la situation en Haïti. Les quinze ont entendu l'exposé de Sandra Honoré, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le pays qui a regretté l'impasse politique et institutionnelle qui continue de ralentir la reconstruction et la reprise économique du pays.

Sandra Honoré a fait remarquer que les espoirs fondés en mars sur le Dialogue inter haïtien conforté par l'Accord d'El Rancho, prévoyant d'ici fin 2014 l'élection de deux tiers du Sénat, de l'Assemblée des Députés, ainsi que des conseils municipaux et locaux, ne se sont pas concrétisés. Au contraire, les désaccords persistants entre l'exécutif et le législatif ont causé nombre de retards. Ce qui a pour conséquence l'absence de cadre juridique pour les élections du 12 janvier qui risque de créer un vide institutionnel. Une option possible, qui gagne de plus en plus de soutien, consisterait à tenir en 2015 des élections générales.

La Représentante spéciale, s'est par ailleurs félicitée, tout en restant prudente, de la relative stabilité de la sécurité observée depuis six mois. Seules la violence des gangs et les manifestations inquiètent la police haïtienne qui se renforce en vue de compter 15 000 effectifs en 2016. Elle a estimé que le renforcement des forces de police doit aller de pair avec la réforme des institutions judicaires.

Sandra Honoré a également évoqué le recul du choléra et le lancement, en juillet, lors de la visite de Ban Ki-moon dans le pays, de la compagne d'assainissement en faveur de trois millions d'Haïtiens au cours des cinq prochaines années.

Autant de progrès qui poussent le Secrétaire général, Ban Ki-moon, à recommander de réduire de deux bataillons le contingent de la Mission des Nations Unies, la MINUSTAH d'ici juin 2015. Des progrès qui, aux dires de la Représentante spéciale, dépendent aussi de la capacité des responsables haïtiens à assumer leurs responsabilités et leur leadership, et de celle des bailleurs de fonds à honorer leurs engagements.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
23/10/2017
Loading the player ...