Ébola : mobilisation générale des Nations Unies contre l'épidémie

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La Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, Valerie Amos. Photo ONU/JC McIlwaine

Lors de la réunion du réunion du Conseil de sécurité jeudi à New York, consacrée à l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a décidé l’établissement d’une mission sanitaire d’urgence de l'ONU pour stopper cette épidémie.

De son côté, l'Assemblée générale des Nations Unies devait se réunir vendredi après-midi sur les réponses à apporter à l'épidémie.

Avant cela le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), a indiqué vendredi, lors d'un point de presse à Genève, que l'équipe de coordination et d’évaluation des catastrophes des Nations Unies (UNDAC) composée de 15 personnes a été déployée jeudi au Libéria. Elle est composée d’experts de l’OCHA, de l’Union européenne et du gouvernement du Libéria. C’est la première fois qu’une équipe UNDAC est déployée pour faire face à une épidémie. Ces équipes ont été normalement déployées en cas de catastrophes naturelles.

De son côté, le Docteur Pierre Formenty, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a déclaré qu’il avait été déployé au Libéria à la mi-août, où il a travaillé avec un certain nombre de partenaires des Nations Unies et d’autres organisations, telles que Médecins sans frontières (MSF). Ensemble, ils ont mis en place une stratégie spéciale pour Monrovia afin de traiter de nombreuses questions urgentes.

Le docteur Formenty a souligné que sans la participation de la population elle-même, l’épidémie d’Ebola ne pourra être contrôlée. Les mesures ne peuvent être mises en place qu’avec la pleine coopération de la population. La première priorité a été d'apporter des soins aux personnes infectées par le virus Ebola. L’OMS et MSF ont atteint leurs limites à Monrovia, mais d’autres ONG ont donné un coup de main. L'OMS aidait certaines communautés à développer leurs propres interventions de soins. Cependant, actuellement, le nombre de lits à Monrovia n’est pas suffisant pour faire face au nombre de cas.

En termes de priorité, l’OMS a également voulu continuer à prendre soin de cas de non-Ebola. A Monrovia, comme dans le reste du pays, il y avait beaucoup de suspicion sur le virus Ebola, et les gens réagissent de façôn suspecte même face aux symptômes du paludisme. C’est pourquoi l’OMS a voulu travailler sur l’augmentation du nombre de centres d’essai. Le plan dans les prochains mois est d’avoir tests de dépistage rapide en dehors des grands centres de traitement d’Ebola, de mettre en place rapidement des réponses si les gens ont été infectés ou non. Un autre élément important est d’assurer la sécurité des sépultures. Ceux qui sont morts de la fièvre Ebola sont les plus contagieux. Des efforts sont en cours à Monrovia pour assurer qu’il y a suffisamment d’équipes pour faire face à l’augmentation du nombre de personnes qui meurent du virus Ebola.

Selon le Docteur Formenty les efforts ont du être plus importants à Monrovia, car dans les villes, le tissu social n’est pas aussi fort que dans les villages. Les chefs religieux et communautaires traditionnels n'ont pas la même autorité que dans les villages. Il y a aussi certains bidonvilles de Monrovia qui sont livrés au chao. Une communication efficace entre les autorités et la population devrait être rétablie.

Le Docteur Formenty a aussi fait valoir que les estimations soulignent que Monrovia est la zone la plus touchée s'expliquent par le fait que la situation dans le reste du pays n'est pas aussi bien connue.

Interrogé pour savoir si le récent assassinat de travailleurs de la santé en Guinée rurale devrait pousser l’OMS à revoir son approche, le porte-parole de l'OMS, Tarik Jasarevic a déclaré que cet incident tragique a montré combien la situation est difficile. Il y a des villages qui, pour des raisons différentes refusent les interventions.

Interrogé pour savoir si l’OMS prend des précautions particulières maintenant à la suite du dernier incident mortel en Guinée, le Docteur Formenty a déclaré que le “risque zéro” n’existe tout simplement pas. Le personnel international a été infecté, y compris des collègues de MSF à Monrovia. Toutes les personnes qui travaillent pour lutter contre l’épidémie d’Ebola ont besoin de beaucoup de courage chaque matin pour sortir et faire leur travail. Un grand nombre de formations de sécurité et les mesures de sécurité sont en place, mais des incidents et des erreurs peuvent arriver.

(Extrait sonore : Angelita Mendy porte-parole de l'OCHA)

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16/10/2017
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