Débat général: Allocution du président de la République du Niger

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Président du Niger Mahamadou Issoufou, lors du débat général à l’Assemblée générale. Photo ONU.

Veuillez trouver ici le discours de Mahamadou Issoufou, Président de la République du Niger, devant l'Assemblée générale des Nations Unies.

Pour M. ISSOUFOU MAHAMADOU, Président du Niger, l'après-2015 est déjà là et l'élaboration d'un programme de développement au-delà de cette échéance exige, au préalable, de faire un bilan de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  En dépit des progrès remarquables enregistrés dans leur application, de vastes écarts persistent pour certains.

S'agissant du Niger, il a réussi à atteindre certains objectifs comme la réduction de moitié des personnes souffrant de la faim ou encore la baisse de la prévalence du VIH/sida.  En ce qui concerne les autres objectifs, des efforts importants ont été réalisés mais ils n'ont pu être atteints en dépit de la mise en œuvre du Programme de renaissance en cours depuis l'élection de M. Mahamadou en 2011.  Il partage l'avis selon lequel les OMD non atteints doivent être retenus dans l'élaboration du programme post-2015, dans lequel le dividende démographique devrait être une priorité selon lui.

Rappelant que ce programme sera dominé par les trois « D », défense (sécurité), démocratie et développement, M. Mahamadou a regretté que la paix et la sécurité mondiales étaient actuellement menacées par le terrorisme, le crime organisé, les revendications identitaires et par l'accroissement des inégalités qui ont pour conséquence l'aggravation de la pauvreté dans le monde.  « De l'Iraq à la Libye, de la Syrie au Nigéria, du Mali à la Somalie, les ennemis porteurs de la menace terroriste font un combat non conventionnel, asymétrique.  Ils mènent une propagande par les actes, cherchent à contrôler les populations par la terreur », a souligné le Président pour lequel la guerre menée contre eux n'est plus conventionnelle, mais une guerre au sein de la population.

Cela suppose une réforme des armées avec des forces spéciales capables de s'adapter aux méthodes de l'ennemi.  Pour éradiquer l'État islamique en Iraq et au Levant et le Front el-Nosra, pour neutraliser les organisations djihadistes en Libye, pour vaincre Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et les Mourabitoun au Sahel, pour chasser les Chabab de Somalie, pour étouffer Boko Haram au Nigéria, la communauté internationale doit se fixer un but commun et adopter une stratégie commune, en concertation avec les pays concernés, a expliqué M. Mahamadou.

En tant que pays voisin de la Libye, du Mali et du Nigéria, le Niger est très préoccupé par la situation qui prévaut dans ces pays.  Le Président est d'avis que pour neutraliser les milices libyennes et réconcilier tous les Libyens, former un gouvernement d'union nationale, il faudrait que la Mission d'appui actuelle des Nations Unies soit remplacée par une structure plus robuste, en l'occurrence une mission de stabilisation et d'édification des institutions et cette responsabilité revient à la communauté internationale.  Il a également annoncé la participation de son pays à la prochaine réunion de Niamey en octobre 2014 à laquelle participent le Bénin, le Nigéria, le Cameroun et le Tchad pour mutualiser les efforts de lutte contre Boko Haram.  M. Mahamadou salue en outre le dialogue intermalien inclusif qui se déroule actuellement sous l'égide de l'Algérie.

« L'avenir de l'Afrique est dans son union.  La meilleure façon de sortir des frontières héritées de la colonisation n'est pas de créer de nouvelles frontières sur des bases ethniques ou confessionnelles mais de dépasser les frontières actuelles par l'intégration », a affirmé le Président.  S'il partage l'avis selon lequel « l'Afrique est le continent du XXIe siècle » avec ses taux de croissance élevés, il a toutefois conditionné cette réalité par le fait que le continent doit sortir de l'échange inégal, du pacte colonial qui en fait un simple réservoir de matières premières.  Pour M. Mahamadou, l'Afrique sera le continent du XXIe siècle le jour où ses rapports avec les autres nations seront régis par le commerce équitable et non par l'aide publique au développement; le jour où naîtra une immense classe moyenne qui sera la conséquence d'une bonne gouvernance politique et économique.

 

LE DERNIER JOURNAL
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15/12/2017
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