Débat de haut niveau sur la Libye: Allocution de Laurent Fabius

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Laurent Fabius Ministre des Affaires étrangères et du Développement international; lors du débat de haut niveau sur la Libye. Photo ONU.

Laurent Fabius Ministre des Affaires étrangères et du Développement international: lors du débat de haut niveau sur la Libye. Photo ONU.

Veuillez trouver le discours de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, lors de la réunion ministérielle consacrée à la Libye.
Merci beaucoup Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs, Chers Amis, Chers Collègues,

D'abord, je souhaite remercier M. Ban Ki-moon de nous réunir aujourd'hui autour des autorités libyennes légitimes. Il me semble qu'avec la Libye – et cela a été très bien expliqué avant moi – nous sommes confrontés non pas à un défi mais à deux défis. Le premier, c'est qu'il faut enclencher une réconciliation nationale entre les différentes parties libyennes. Mais, le deuxième défi, qui a un lien avec le premier mais qui est aussi spécifique, c'est qu'il nous faut trouver les voies et moyens de mettre fin à ce qui est une poudrière terroriste : je pense que les deux aspects doivent être examinés par nous.

Sur le premier point : la première étape est évidemment un cessez-le-feu immédiat. Il n'y a pas d'autre possibilité qu'un dialogue national. C'est le sens des interventions précédentes. Le retour à l'unité, à la stabilité et à l'intégrité de la Libye passe par la mise en œuvre rapide d'une solution politique. Ce sont les propositions de M. Bernardino León – les Nations unies ont un rôle tout à fait majeur à jouer en la matière – si l'on veut ramener toutes les parties autour de la table. Et comme il a été excellemment dit, nous devons user de notre influence, les uns et les autres, pour que toutes les parties se rendent à la réunion de dialogue organisée par le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, et la France soutient pleinement le plan de sortie de crise que celui-ci a présenté. La légitimité du Parlement, issue des élections du 25 juin et dont nous avons entendu le président, doit être reconnue par tous, ce qui n'exclut absolument pas un dialogue général. C'est le premier point, et pour résumer, la France soutient totalement la proposition de M. Bernardino León.

Mais il existe un deuxième point, qui ne peut pas être totalement assimilé au premier. Nous savons qu'il existe des groupes terroristes, au sud et à l'est de la Libye, et ceux-ci, soyons concrets et réalistes, ne vont pas être automatiquement neutralisés parce que, comme nous le souhaitons tous, il y aura eu une réconciliation nationale en Libye. Bien-sûr cette réconciliation nationale est nécessaire, car si l'on veut que les forces libyennes puissent faire ce qu'il est nécessaire de faire à l'égard des groupes terroristes, elles doivent être unies pour éviter les jeux troubles. Mais nous savons tous qu'il y aura d'autres mesures à prendre.

Il faut d'abord veiller à ce que ces groupes soient sanctionnés comme tel. De ce point de vu là, la France demande l'inscription d'Ansar al-Charia sur la liste terroriste du Conseil de sécurité, et pour être clair la liste que l'on appelle Al-Qaida. Les efforts menés pour lutter par ailleurs contre Daech, pour limiter les mouvements de combattants étrangers, pour tarir les financements, doivent être appliqués également à ces groupes.

Et puis il faut également une vigilance renforcée aux frontières de la Libye. Je veux saluer les efforts des pays limitrophes, qui d'ailleurs sont utilement actifs, notamment l'Algérie et l'Égypte, pour lutter contre les trafics et les mouvements de terroristes qui traversent les frontières.

La France pour sa part, y contribue à travers ce que nous appelons le redéploiement de notre dispositif Barkhane.

Mais je termine cette intervention courte. Nous pensons qu'autant il est indispensable de parvenir rapidement à une réconciliation nationale, autant si l'on veut être concret, cette réconciliation nationale ne suffira pas à elle seule à réduire les groupes terroristes qui sont d'une dangerosité extrême comme l'ont fort bien soulignés avant moi, le président Deby et le président Issoufou. Et dès maintenant nous devons nous préoccuper de ce deuxième défi libyen qui est évidemment complémentaire du premier. Nous appelons tous nos partenaires à apporter aux autorités légitimes de la Libye et aux plans des Nations unies, leur plein soutien.

Et nous continuerons pour notre part à prendre nos responsabilités dans la bande sahélo-saharienne. Merci.

 

 

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17/10/2017
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