Conseil des droits de l'homme : débat sur l'utilisation des drones armés dans les opérations antiterroristes et militaires

Écouter /

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a tenu, ce lundi 22 septembre à Genève, une réunion débat sur l'utilisation téléguidée d'aéronefs téléguidés ou de drones armés dans les opérations antiterroristes et militaires. Lors des débats, il a été beaucoup question de l'impact sur les droits de l'homme des frappes à l'aide de drones. La Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l'homme, Flavia Pansieri, a ainsi rappelé que dans certains cas, la vie quotidienne est paralysée, les frappes créant une atmosphère de peur dans les communautés touchées. Pour plusieurs orateurs, il est important que la politique des États sur l'utilisation des drones armés soit énoncée plus clairement.

 

Lors de cette réunion débat du Conseil des droits de l'homme ce lundi à Genève, Christoph Heyns a indiqué que la question n'est pas tant la légalité de ces drones armés que la conformité de l'emploi de ces aéronefs téléguidés. Selon le Rapporteur spécial sur les exécutions extra-judiciaires, les drones armés sont susceptibles  d'être utilisés pour des assassinats ciblés partout dans le monde et servir à des exécutions illégales dans le contexte de la lutte contre le terrorisme ou d'autres contextes militaires.

Mais les drones sont parfois utilisés dans des opérations de maintien de l'ordre ordinaires, qui sont marquées par une militarisation croissante. Or, il est admis désormais que les droits de l’homme s'appliquent à tout moment et à chaque acte des États. A cet égard, l'expert onusien rappelle que le droit à la vie est reconnu non seulement par le droit coutumier, mais aussi par un certain nombre de traités, comme le Pacte international sur les droits civils et politiques.

Dans ces conditions, Christoph Heyns rappelle que la force létale ne doit être employée qu'en dernier recours. À défaut, il y a un risque de violation du droit à la vie.  En conclusion, il est d'avis que ce n'est pas au droit de suivre les drones, c'est aux drones de suivre le droit. In fine, les responsables de toute violation de cette politique doivent être appelés à en rendre compte.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Genève, pour la Radio des Nations Unies)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
08/12/2017
Loading the player ...