Conseil de sécurité: la communauté internationale s’accorde pour lutter contre les combattants terroristes étrangers

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Réunion du Conseil de sécurité sur les menaces contre la paix et la sécurité internationales résultant d'actes de terrorisme; Les combattants terroristes étrangers; Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon (à gauche) et le Président des Etats Unis, Barack Obama- Photo: ONU

Le Conseil de sécurité de l’ONU a exhorté mercredi tous les Etats du monde à se mobiliser contre les combattants terroristes étrangers, notamment en leur interdisant l’entrée ou le transit sur leur territoire et en bloquant l’aide financière qui leur est destinée.

Dans une résolution adoptée à l’unanimité lors d’une réunion au sommet présidée par le Président américain Barack Obama, le Conseil s’est déclaré « gravement préoccupé par la menace terrible et grandissante que font peser les combattants terroristes étrangers, à savoir des individus qui se rendent dans un Etat autre que leur Etat de résidence ou de nationalité, aux fins de la commission, de l’organisation ou de la préparation d’actes de terrorisme » ou d’y recevoir un entraînement à cet effet.

La résolution affirme que tous les Etats doivent « empêcher la circulation de terroristes et de groupes terroristes », notamment « en effectuant des contrôles efficaces aux frontières, en surveillant de près la délivrance de documents d’identité et de voyage et en prenant des mesures visant à empêcher la falsification» de tels documents.

Le Conseil demande aux Etats membres de coopérer à l’action menée contre ce fléau, « notamment en prévenant la radicalisation pouvant conduire au terrorisme et le recrutement de combattants terroristes étrangers, enfants compris, en empêchant lesdits combattants de franchir leurs frontières et en faisant cesser et en bloquant l’aide financière qui leur est destinée ».

Le Conseil décide que les Etats doivent « prévenir et éliminer les activités de recrutement, d’organisation, de transport ou d’équipement bénéficiant à des personnes » répondant à la description des combattants terroristes étrangers et qu’ils doivent engager des poursuites contre leurs nationaux qui se livrent à ces actes.

Le Conseil invite les Etats à « exiger des compagnies aériennes opérant sur leur territoire qu’elles communiquent à l’avance aux autorités nationales compétentes des informations sur les passagers afin de détecter le départ de leur territoire, ou la tentative d’entrée sur leur territoire ou de transit par leur territoire » de tels individus.

Il invite les Etats à coopérer entre eux pour « renforcer les échanges d’informations permettant de repérer les combattants terroristes étrangers » et il encourage Interpol à renforcer ses ressources, par exemple par « l’extension des notices spéciales Interpol aux combattants terroristes étrangers ». Il encourage aussi les Etats membres à élaborer « des stratégies de lutte contre le discours extrémiste violent qui peut inciter à la commission d’actes terroristes ».

Le Conseil note enfin que les combattants terroristes étrangers pourraient être inscrits sur la liste relative aux sanctions contre Al-Qaida que tient à jour le Comité du Conseil de sécurité créé par les résolutions 1267 (1999) et 1989 (2011) sur le terrorisme. Il charge ce Comité de « s’intéresser tout particulièrement à la menace que représentent les combattants terroristes étrangers qui sont recrutés par l’EIIL (Etat islamique d’Iraq et du Levant), le Front el-Nosra et tous les groupes, entreprises et entités associés à Al-Qaida ou qui s’y joignent ».

A l’ouverture de cette session au sommet du Conseil, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a de nouveau condamné vigoureusement les groupes extrémistes armés comme l’EIIL. « Ces groupes, a-t-il dit, se servent de la religion pour prendre le contrôle de territoires et de ressources économiques vitales. Ils brutalisent les femmes et les filles. Ils prennent pour cibles et massacrent des membres de minorités. »

« Ce sont en fait des ennemis de la foi. Comme l’ont dit de nombreux responsables musulmans dans le monde, un groupe comme l’EIIL –ou Daesh – n’a rien à voir avec l’Islam et il ne représente certainement pas un Etat. Il devrait être appelé ‘le non-Etat non islamique’. »

 

Et pourtant, a déploré Ban Ki-moon, ces groupes sont devenus des aimants pour des combattants terroristes étrangers qui sont des proies faciles pour leur propagande simpliste et leurs chants de sirènes ».

L’ONU estime que plus de 13.000 combattants terroristes étrangers, originaires de 80 pays, ont rejoint les rangs de l’EIIL et du Front el-Nosra.

(Extraits sonores: Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies; Barack Obama, Président des États-Unis; Goodluck Jonathan, Président du Nigéria; François Hollande, Président de la France; Idriss Déby, Président du Tchad; Cristina Kirchner, Présidente de l’Argentine; Mise en perspective Cristina Silveiro)

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20/10/2017
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