Combattants terroristes étrangers : une résolution contraignante et adaptée aux enjeux, selon Jean-Paul Laborde

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jean-Paul Laborde (Photo ONU)

Retour sur la réunion de haut niveau du Conseil de sécurité tenue mercredi après-midi pour endiguer le phénomène des combattants terroristes étrangers. Un phénomène qui a pris une ampleur sans précédent puisque selon certaines estimations, 15 000 personnes originaires de plus de 80 pays seraient concernées rien que depuis le début de l’année.

La réunion du Conseil de sécurité, placée sous la présidence de Barack Obama, a entendu une cinquantaine de dirigeants mondiaux. Elle a permis d'adopter à l'unanimité la résolution 2178 coparrainée par plus de 100 pays. Pour mieux comprendre la portée de cette résolution, Cristina Silveiro a tendu son micro au magistrat français et Directeur exécutif du Comité des Nations Unies contre le terrorisme, Jean-Paul Laborde.

La résolution 2178 affirme notamment que tous les États doivent « empêcher la circulation de terroristes et de groupes terroristes », y compris « en effectuant des contrôles efficaces aux frontières, en surveillant de près la délivrance de documents d’identité et de voyage et en prenant des mesures visant à empêcher la falsification» de tels documents.

Par ce texte, le Conseil demande aux Etats membres de coopérer à l’action menée contre ce fléau, « notamment en prévenant la radicalisation pouvant conduire au terrorisme et le recrutement de combattants terroristes étrangers, enfants compris, en empêchant lesdits combattants de franchir leurs frontières et en faisant cesser et en bloquant l’aide financière qui leur est destinée ».

Le Conseil décide que les Etats doivent « prévenir et éliminer les activités de recrutement, d’organisation, de transport ou d’équipement bénéficiant à des personnes » répondant à la description des combattants terroristes étrangers et qu’ils doivent engager des poursuites contre leurs nationaux qui se livrent à ces actes.

Le Conseil invite les Etats à « exiger des compagnies aériennes opérant sur leur territoire qu’elles communiquent à l’avance aux autorités nationales compétentes des informations sur les passagers afin de détecter le départ de leur territoire, ou la tentative d’entrée sur leur territoire ou de transit par leur territoire » de tels individus.

Il invite les Etats à coopérer entre eux pour « renforcer les échanges d’informations permettant de repérer les combattants terroristes étrangers » et il encourage Interpol à renforcer ses ressources, par exemple par « l’extension des notices spéciales Interpol aux combattants terroristes étrangers ». Il encourage aussi les Etats membres à élaborer « des stratégies de lutte contre le discours extrémiste violent qui peut inciter à la commission d’actes terroristes ».

Le Conseil note enfin que les combattants terroristes étrangers pourraient être inscrits sur la liste relative aux sanctions contre Al-Qaida que tient à jour le Comité du Conseil de sécurité créé par les résolutions 1267 (1999) et 1989 (2011) sur le terrorisme. Il charge ce Comité de « s’intéresser tout particulièrement à la menace que représentent les combattants terroristes étrangers qui sont recrutés par l’EIIL (Etat islamique d’Iraq et du Levant), le Front el-Nosra et tous les groupes, entreprises et entités associés à Al-Qaida ou qui s’y joignent ».

(Interview : Jean-Paul Laborde, Sous-Secrétaire général des Nations Unies, Directeur exécutif du Comité contre le terrorisme; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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18/10/2017
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