Centrafrique : l'Experte indépendante juge la situation toujours précaire et fragile

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Le transfert d'autorité de la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique (MISCA) à la Mission multidimensionnelle Intégrée des Nations unies pour la Stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA). Photo: UN Photo/C. Tijerina

L'Experte indépendante sur la situation des droits de l’homme en RCA a jugé important que les autorités de transition initient et maintiennent un dialogue inclusif avec toutes les parties concernées par le processus de paix et de réconciliation.  En présentant son nouveau rapport devant le Conseil des droits de l'homme, Marie-Thérèse Keita Bocoum a souligné que le climat politique est marqué par le suivi de la signature d’accords de cessation des hostilités du 23 juillet et par une situation sécuritaire précaire qui affecte la population, dont la liberté de mouvement et d’expression est limitée. L’experte a ainsi pu mesurer la faiblesse des progrès réalisés dans les domaines de la sécurité, de la restauration de l’autorité de l’État, de la lutte contre l’impunité, de la cohésion sociale et de la réconciliation.

 

En République centrafricaine, c’est un tableau des droits humains toujours inquiétant qu’a dressé ce jeudi à Genève, l’Experte indépendante sur la situation des droits de l’homme dans ce pays. Devant le Conseil des droits de l'homme, Marie-Thérèse Keita Bocoum a évoqué une sécurité fragile et relative.  Une précarité accentuée par la hausse de la criminalité à Bangui et dans l'arrière-pays et par l'existence de justices parallèles qui seraient le fait des groupes armés.

Si elle a noté une relative amélioration de la sécurité à Bangui et à l’intérieur du pays due à la baisse des violences intercommunautaires, à l’action des forces internationales et au renforcement des capacités de la police et de la gendarmerie, l’accalmie peut aussi s’expliquer que la population musulmane reste cantonnée à Bangui quand elle n’a pas fui à l’étranger.  Quant à l’autorité de l’État, elle reste très timide, les préfets nommés ne restant pas souvent dans leurs localités d’affectation.

De son côté, la République centrafricaine a reconnu que la faiblesse de l’appareil étatique et de l’état de droit ont favorisé l’installation progressive d’un climat de terreur, de violence, d’insécurité, doublé d’un sentiment de méfiance. Dans ce contexte, la tenue d’élections dans le délai projeté est illusoire, a prévenu Léopold Ismaël Samba, Ambassadeur de la RCA à Genève. Le Représentant permanent a par ailleurs ajouté que la promesse faite par la communauté internationale de verser 56 millions d’euros pour l’organisation de ces élections est restée sans suite.  Devant la déconfiture de la situation, la République centrafricaine a plus que jamais besoin de la communauté internationale et de l’Experte indépendante, et le pays demande le renouvellement de son mandat.

En conclusion, plusieurs délégations ont plaidé pour la réconciliation tout en insistant sur la reddition des comptes pour tous les auteurs de graves violations des droits de l'homme en Centrafrique.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève. Avec des extraits sonores de Marie-Thérèse Keita Bocoum, Experte indépendante sur la situation des droits de l’homme en RCA ; et Léopold Ismaël Samba, Représentant permanent de la RCA à l'ONU-Genève).

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17/10/2017
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